Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue

Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue. Quelle idée farfelue et pourtant tellement à la mode de nos jours. Vous terminez vos études ? Vous ne trouvez pas de travail et au lieu de passer votre vie à déprimer, pourquoi ne pas partir découvrir le monde et en profiter pour noircir votre cv ? Décryptage.

Faire un tour du monde : l'Amérique du Sud en vue

Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue

Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue

Quand j’ai terminé mes études, je n’ai pas hésité une seconde. Je n’avais qu’une obsession : Planifier voyage amérique latine. Pour moi, c’était comme une évidence. Il me fallait partir voir ailleurs comment cela fonctionnait. Je venais de terminer mes études de journalisme et je n’avais qu’une envie : découvrir le monde ! Pourtant, tout s’est très vite enchainé sans que j’ai réellement le temps de me poser et de réfléchir à savoir où je voulais aller. De fait, mes études m’avaient ouvert les portes de rédactions nationales dans les dom-tom français, mon conjoint de l’époque était parti en terre guyanaise travailler et je m’apprêtais à le rejoindre. C’est donc sans hésitation que je suis partie pour Cayenne, ne sachant absolument pas à quoi m’attendre.

Mes premiers pas en Guyane me paraissent éprouvants !

La température était trop chaude et je ne savais pas trop ce que je venais faire ici. Mais j’étais déjà en Amérique du Sud, ce qui pour moi était tout un symbole. J’avais abandonné ma famille pour aller m’en créer une nouvelle sur place. Très vite, j’ai eu la chance de travailler régulièrement en télévision pour RFO et d’aménager en colocation avec 3 mecs. Ambiance garantie. Ce fut même musclé quelques fois mais bon, passons : nous n’étions pas là-bas pour cela. Je me souviens de ma première nuit en carbet dans la forêt amazonienne, du réveil en sursaut avec les cris des singes hurleurs lorsque le jour se lève… Cela vous marque à vie…

Puis au bout d’un certain temps, l’envie de bouger, de découvrir d’autres endroits s’est faite plus présente. La présence d’une copine sur place nous a poussé à partir découvrir l’Amérique du Sud. Si ce pari, cette folie passagère, nous a pris autour d’un bon verre de rhum, nous avons alors dessiné notre parcours sur un bout de papier sans se fixer de date butoir. Nous étions jeunes, nous étions guidées par une envie folle de  voir par nous -même que l’on se fichait de toutes les contraintes. Les papiers administratifs, l’argent pour financer un tel projet nous paraissaient totalement absurdes. Nous avions des pieds, une langue et une volonté incalculable que personne aurait pu nous en empêcher. Nous n’avons donc demandé l’aval à personne et sommes partis bille en tête avec un sac à dos rempli à ras bord.

Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue, tribu amazonienne

Nous sommes donc parties à deux, dans la forêt amazonienne vers Saint Georges de l’Oyapock. A l’époque, il n’y avait pas l’immense pont qui a été construit entre le Brésil et la Guyane depuis. Nous avons marché, marché, poussé les arbres et avalé les kilomètres avant d’arriver jusqu’à un village brésilien au fin fond de l’Amazonie. Nous y sommes restées 3 semaines environ. Tout nous était étranger : leur tenue vestimentaire, ils n’en avaient pas, leur alimentation était succincte, leur langage incompréhensible pour nous. Mais quelle gentillesse dans leur yeux, leur regard nous épongeait de douceur et de bienveillance.

Après cette expérience amazonienne au vrai sens du terme, nous avons filé à Buenos Aires entre des taxi-brousses et des vans tout pourris. Une expérience exaltante ! Puis nous avons continué notre odyssée sur le continent sud-américaine. La Patagonie s’ouvrait à nous avec ses paysages sublimes, ses ambiances désertiques. C’était si beau, si magnifique que j’ai même pleuré devant certains paysages parfois. L’émotion, la fatigue aussi peut-être peuvent expliqués ce surcroit d’émotion car c’était véritablement cela : des émotions à fleur de peau, des kilomètres sans croiser ni même apercevoir une ombre humaine, un vent qui vient vous glacer les oreilles et des glaciers à perte de vue. Puis finalement une hacienda pointait son nez quand nous étions au bord de l’épuisement, quand nous commencions à perdre tout espoir de croiser quelqu’un, quand la faim nous tiraillait le ventre.

Argentine, Chili, Pérou et Bolivie au programme

Là, on a toujours eu de la chance : Manolo, un fermier, nous a ouvert ses portes chez lui et sa femme Sofia nous a préparé une tranche de steak que je n’ai jamais autant appréciée de ma vie. Tellement elle était moelleuse, savoureuse. De toute façon, on aurait mangé n’importe quoi. Puis le lendemain, on repartait, guidées par le Routard et les conseils de habitants que l’on croisait ça et là. On a pris des risques inconsidérés des fois à ne pas vouloir suivre la route et être obligées de faire demi-tour ou comme cette fois où nous avons pris un bateau de marins pêcheurs péruviens pour passer le Cap Horn en bateau. Quelle inconscience ou folie passagère ! Appelez cela comme vous voulez ! Nous n’avions pas d’argent et donc on misait sur notre culot pour voyager le moins cher possible. Résultat : à bord, ils étaient tous bourrés et nous avons dormi, retranchées dans nos cabines avec un couteau sous l’oreiller tellement ils étaient intenables, dragueurs. Flippant !

Puis une fois arrivées au Chili, de nouveau : la marche, les paysages, la démence de l’altitude. On n’avait qu’une envie aller plus haut, plus loin pour faire la photo supplémentaire, celle qui changerait notre voyage et nos reportages photos qu’on avait décidé de vendre en rentrant en France, un jour, peut-être. Pour cela, on courait les lacs, les glaciers les plus éphémères qu’ils soient pour certains et on avançait avec une seule envie : voir ! Mais quelle beauté ! Sincèrement, j’ai vu beaucoup de choses très belles mais la Patagonie chilienne est une merveille du genre. L’air était frais, vif, le soleil parvenait parfois à transpercer l’épaisse couche de nuages qui nous enveloppait et là, la magie se produisait !

Ensuite, on a filé à Santiago du Chili, la vie y était plus chère. En général, on ne restait pas très longtemps dans les grandes villes, tellement la vie y est hors de prix. On avait trouvé un hôtel miteux près du port. Je crois aujourd’hui avec le recul que les gens étaient scotchées par notre aplomb, notre envie d’en voir plus. Il nous en est arrivé de belles à Santiago du Chili : on a perdu nos porte-feuilles, plus de passeport, plus de papier en bonne et dûe forme, plus de moyens de paiement.. On s’écroulait sur nos lits en pleurant et puis le lendemain, on repartait avec la gnack au ventre pour aller solutionner tous les problèmes qu’on a eu. Chaque fois, on a eu de la chance en croisant des gens disponibles et attentionnés dans les administrations françaises à l’étranger. Ces gens là font la fierté de la France si vous voulez mon avis car où que vous soyez, vous trouverez toujours un bureau de l’administration française. Quelques jours plus tard, on repassait à l’ambassade et on nous donnait nos papiers. Nous pouvions alors repartir. C’est donc avec une extrême joie que nous avons quitté Santiago pour aller vers le Pérou et Lima. On a pris un bus pourri de chez pourri. Ce bus nous donnait le vertige à chaque virage on croyait qu’on allait mourir. Les suspensions, il n’en avait pas. Les sièges n’avaient plus de rembourrage, ultra succincts. Bref, pour le confort, passez votre tour. Mais les gens, ultra sympas, échangeaient avec nous avec plaisir. On papotait, on chantait des fois, même dansait. On balbutiait quelques mots qu’on avait entendu avant et avec un sourire, ils étaient ravis de croiser notre route. Et nous aussi !

Pleurer devant un décor hallucinant

Lima était également une ville trop chère pour notre petit budget donc nous avons filé vers la Vallée Sacrée où j’aurai le grand bonheur de retourner 12 ans plus tard dans de meilleures conditions. A l’époque, on dormait dans une sorte d’auberges de jeunesse. Puis l’ascension vers Cuzco pour aller au Machu Picchu par la montagne. Quelle folie ! 30kms à pied tous les jours, des dénivelés de malades et des décors enchanteresses. Des blessures aussi des fois. Quand vous vous levez le matin et que vous ne sentez plus vos pieds. Que la douleur dans les jambes est si vive qu’à part vous recoucher, vous ne voyez pas de solutions. Les ampoules au pieds qui vous brulent à pleurer, celles qui s’infectent aussi parce que vous n’avez plus de pansements et d’eau oxygénée dans votre maudit sac à dos qui vous brisent les reins… Vous imaginez alors les pires scénarios chaque fois que vous posez votre pied devant en vous disant que vous allez être amputée parce que cette fois, c’est sûr, vous souffrez trop ! Et puis, à force de véhémence et d’un certain courage, vous faites fi de la douleur et vous continuez votre course en avant pour arriver au Machu Picchu. Parce que vous n’avez pas fait tout ça pour rester planter là et puis de toute façon si vous restez là, vus allez mourir de froid. Et là, admirer ce paysage dont vous aviez rêvé sur une vieille carte postale que vous aviez trouvé gaminé et que vous avez gardé dans votre poche comme un totem. En pleurer tellement vous en aviez rêvé de le voir. Et puis, repartir en se disant que peut être un jour on repassera par là. Pour moi, ce fut le cas en 2014.

Faire un tour du monde : l'Amérique du Sud en vue ! Copacabana en vue

Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue ! Copacabana en vue

Faire un tour du monde : l'Amérique du Sud en vue : le lac salé en Bolivie

Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue : le lac salé en Bolivie

Faire un tour du monde : l'Amérique du Sud en vue, les glaciers chiliens

Faire un tour du monde : l’Amérique du Sud en vue, les glaciers chiliens

Puis, on a filé vers la Bolivie qui était notre point de chute. On savait que de là-bas, on aurait un avion pour retourner à Cayenne. Et là, encore des paysages troublants, des rencontres éphémères sublimes, de la beauté partout. Des fois, on pouvait marcher des heures sans échanger un seul mot avec ma copine. On avançait à quelques mètres l’une de l’autre, silencieuses. Sereines et déterminées. A d’autres moments, de grands éclats de rire venaient fracasser nos conversations. Mais jamais, on s’est engueulées ou fâchaient. Nous étions unies dans l’adversité. Marie était sans aucun doute plus volontaire que moi, elle n’était jamais fatiguée et pouvait marcher jusqu’à en crever. Alors que moi, les 30 ou 40 kms que nous avalions chaque jour me faisaient souffrir. Beaucoup au début, moins à la fin, le corps ayant la fabuleuse faculté de s’adapter avec facilité.

Oubliez les douleurs et avancez

On a fini notre fabuleuse tournée en Amérique du Sud, éreintées mais heureuses de ce que nous venions de faire : pas d’horloge, juste les sens aux aguets, suivre le soleil du regard pour savoir quelle heure il est environ. Un sens de la débrouillardise aiguisé. Nous avons tellement appris sur nous, sur notre opiniâtreté et notre volonté que je crois que personne ne pourra me dire un jour que je manque de force. J’avais une seule envie : c’était de découvrir et voir le monde. Et je l’ai fait…  Avec ce tour du monde dont nous venions de réaliser une très belle étape : l’Amérique du Sud en 4 mois.

Souvent on me demande pour les hôtels si je prépare tout à l’avance ou pas : Je dirai surtout que ma manière de voyager a beaucoup évolué. En Amérique du Sud, on était parties un peu fofolles que nous étions, donc nous savions qu’on aurait aucune difficulté pour trouver où dormir parce qu’il n’y avait pas grand monde à l’époque qui faisait ce type de voyage. Quand on arrivait dans un endroit, c’était notre première quête. Dire que j’étais toujours tranquille à chaque fois serait mentir. Quand au fin fond de la Patagonie vous ne trouvez pas l’hôtel qu’on vous a renseigné et que vous demandez à un habitant où il est et qu’il vous répond en rigolant : « allez, encore, 12 kms ! No esta acqui !  » Vous avez envie de lui arracher chaque poil de sa barbe épaisse en le faisant souffrir un maximum. Souvent, on avait envie de hurler et de demander un taxi mais vu que nous n’avions pas un radis d’avance, on n’avait que nos pieds pour marcher. C’était épique et stimulant mais aussi stressant car des fois, l’hacienda avait fermé mais était toujours noté dans notre guide de voyage. Là, notre monde s’écroulait ! Où allait on dormir ? Si je me suis pas posé cette question 20 000 fois, je ne l’aurai jamais prononcé. C’était un deal avec ma copine : Impossible de parler des mauvais souvenirs ! C’était notre dicton et notre manière de procéder.

Continuer la route vers…

Après 9 mois passés à Cayenne, on m’a proposée de partir en Nouvelle Calédonie pour aller dans une autre station de la chaine de télévision pour laquelle je travaillais, je suis donc arrivée là-bas à Nouméa avec la même envie : celle de découvrir ce département d’outre-mer. Lorsque je suis arrivée à Nouméa, très vite, tout votre environnement change. Puis ensuite, direction la Réunion toujours pour le boulot…

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