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Hommage à Jean-Pierre Coffe

Grand chef

Hommage à Jean-Pierre Coffe. Il y a des décès qui vous touchent plus que d’autres. Celui de Jean-Pierre Coffe fait parti de ceux-là. Pour des raisons évidentes. Parce qu’ il était extrêmement sensible sous ses apparences de grande gueule, peut-être.

Jean-Pierre Coffe

Hommage à Jean-Pierre Coffe

Hommage à Jean-Pierre Coffe

Quand vous rencontrez des personnalités, vous ne savez jamais si ça va matcher ou pas. C’est justement cela, la plus grosse difficulté. Ne pas être paralysée par l’enjeu, ne pas être tétanisée, ne pas être trop sèche avec nos questions…. Bref, une interview réussie, c’est tout un équilibre. Forcément il y a aussi le contenu. L’intérêt que représente la personne, le cadre aussi où vous tournez. Et puis, il y a ceux qui vous apportent un moment de grâce. Réel. Jean-Pierre Coffe faisait partie de ceux-là, incontestablement, il était de cette veine. Quand j’ai eu la chance de le rencontrer, je débutais alors ma carrière journalistique. J’étais littéralement tétanisée par l’enjeu. A l’époque, il était très médiatisé, il travaillait dans l’émission de Laurent Ruquier sur France Inter… C’était le chroniqueur culinaire le plus connu de France.

Une gouaille légendaire

Ce qui m’avait vraiment marqué à l’époque, c’était sa gouaille légendaire, ce ton amusant qu’il avait de donner du sens à des valeurs chères. Forcément on retiendra ces coups de gueule lancés avec son « c’est de la merde » en regardant deux tranches de jambon mais c’était bien plus que ça pour lui. Il aimait la bonne bouffe, le bon vin, les bons amis. Se retrouver à sa table était comme un  honneur pour moi. A l’époque, on avait été le filmer en Province, chez lui, où il avait fait un bœuf bourguignon pour toute l’équipe de tournage car pour lui, « il n’y avait que ça de vrai » comme il disait ! Nous avions passé trois jours avec lui et chez lui. Puis ensuite, j’ai eu la chance de le recroiser à la capitale pour des émissions pour lesquelles j’ai travaillé. Jamais il ne m’est passé à côté sans oublier d’avoir un geste d’affection pour moi. Un mot, un clin d’oeil, une tape sur l’épaule comme pour mieux vous faire comprendre qu’il vous a vu et pas oublié. Et croyez-moi, toutes les personnalités n’ont pas cette grâce qu’il avait.

Humour grinçant

Je retrouvais dans ce monsieur un peu mon grand-père. Une image un peu paternaliste, un brin autoritaire, sure de lui. Mais jamais désagréable. Profondément animé par des valeurs humaines qu’il plaçait au dessus de tout. Je me souviens comme c’est souvent le cas lorsqu’on se retrouve à plusieurs à table, nous avions parlé politique. Le ton avait gentiment glissé vers de la conviction. Pour son amour pour la cuisine qu’il avait et qu’il incarnait, il n’aimait pas ce jeu médiatique dans lequel sont tombés les politiques… Il formulait ses remarques avec un humour grinçant et décapant en se moquant d’eux mais jamais en remettant en cause leur travail.

Pour en savoir plus

  • Consultez nos articles sur les restaurants que l’on a testés et jetez un coup d’oeil à nos articles gastronomie. N’hésitez pas à nous laisser un petit message…

Bref, c’était vraiment un super Monsieur… pour lequel j’avais une profonde affection.

A propos...
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Jean Pierre Coffe

alias Jean Pierre Coffe

Critique culinaire


Rédigé par Christel Caulet

le 30 mars 2016

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2 Comments

  • J’adorai ses lunettes, il était toujours stylé. Très bel article !

  • J’aimais bien ce mec ! Il disait ce qu’il pense !

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