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Journée de la femme : Bamya, Malienne

Sénégal

Journée de la femme : Bamya, Malienne. A l’occasion de la journée de la femme qui se tiendra le 8 mars prochain, le blog voyage Jet-lag-trips a tenu à mettre en avant des femmes, des anonymes à travers le monde.

Journée de la femme : Bamya, Malienne

Journée de la femme : Bamya, Malienne

Journée de la femme : Bamya, Malienne

Journée de la femme : Bamya, Malienne. Aujourd’hui c’est en Afrique que l’on part rencontrer Bamya, une Malienne qui vit au Sénégal clandestinement. Pour elle, pas d’autres issues que de travailler illégalement.

Bamya est Malienne même si elle s’en cache. Elle ne veut pas que cela se sache même si au fond, tout le monde le sait ici, au Sénégal, au Lac Rose. « Il n’y a que des illégaux qui peuvent accepter de faire un tel travail », explique Adrien, un Sénégalais. Sa peau noire ébène brille sous les reflets roses du lac, l’une des plus belles excursions à faire au Sénégal autour de Saly.

Survivre au Sénégal

Pour survivre au Sénégal, elle travaille tous les jours 10 heures en moyenne à son rythme, transportant sur son cou une trentaine de kilos de sels extraits du Lac Rose. Son mari a une barque, tous les jours ils vont ensemble au Lac Rose, réputé pour contenir plus de sel. Elle quitte sa case très tôt le matin en compagnie de son mari, ils marchent tous les deux, côte à côte, dans la brousse une grosse demi-heure avant d’arriver à leur lieu de travail.

Bamya, Malienne

Journée de la femme : Bamya, Malienne

Aucun équipement particulier pour se protéger de l’abrasivité du sel. Non. Seule une bassine qu’elle transporte sur sa tête avec élégance. « Ici, quand on est femme, on nait avec une bassine » dit-elle dans un éclat de rire. Puis elle entame les allers et retours du lac à la plage avec plus de 30 kilos sur le cou.

Fuir le Mali

Alors qu’on imagine forcément la pression exercée sur la colonne vertébrale et la douleur, elle ne se plaint pas et avance d’un pas élégant avec une énergie sans conteste.  » Je n’ai pas eu la chance de faire autre chose. Mon mari et moi avons quitté le Mali car l’insécurité se faisait trop ressentir et puis on gagne mieux sa vie au Sénégal aussi », explique-t-elle.

« Je n’ai pas d’autres choix car je ne sais pas faire autre chose. Est ce que j’ai mal ? Oui, évidemment, c’est épuisant mais il faut bien manger, non ? J’aurai adoré apprendre à lire et à écrire.  » Quand on lui demande ce qu’elle fait pour se protéger du sel qui démange, elle vous ouvre son sac plastique et laisse apparaître son secret : Le beurre de karité. « Ici, c’est indispensable, sinon je n’aurai plus de peau le soir ! Vous voulez en mettre ? » dit-elle en tendant le paquet. « Cela assouplit la peau, ça fait du bien. »

De leur côté, les hommes extraient le sel de l’eau et restent plantés à les regarder travailler.  » C’est comme cela. Il vaut mieux être un homme qu’une femme, ici.  » Bamya a 27 ans et déjà 5 enfants.  » Il faut les nourrir et c’est compliqué ici. Mais ils ont la chance de pouvoir aller à l’école, ce qui est capital pour nous.  »

Dur physiquement

 Bamya, Malienne avec force et détermination

Bamya, Malienne avec force et détermination

Elle retourne à sa mission et continue les allers-retours inlassablement. Après avoir récolté le sel, elle sait que sa journée n’est pas finie, elle doit aller le vendre. Pendant ce temps, son mari rentrera à la case se reposer. Elle entame sa deuxième journée. « Les prix sont variables mais c’est pas très bien payé alors que c’est très dur physiquement. On nous paye au kilo de sel environ 30 centimes de francs sénégalais. »

Copier Bamya, Malienne

Forcément, il fallait que j’essaie

Quand on lui demande ce qu’elle aimerait changer dans sa vie si elle le pouvait. Sans hésiter, elle répond : « J’aimerai juste avoir la chance de vivre votre vie un jour dans ma vie. Vous avez de la chance, vraiment. » On la regarde dubitative, interloquée et gênée par sa réponse. Sur le coup, on lui propose d’échanger nos rôles. A elle de me poser des questions et à moi de tenter de porter la bassine de sel extrait.

Et si on inversait les rôles ?

Et si on inversait les rôles ?

Ma tête hurle !

Elle éclate de rire et nous ajuste avec attention l’accessoire qui facilite la position stable de la bassine sur la tête. On enfonce nos pieds dans le sable et on avance déterminée vers le bateau. Son mari amusé de la situation me tend avec délicatesse la bassine et m’aide à la positionner.

Bamya, Malienne héroïque

Horriblement lourd, je n’arrive même à comprendre comment on peut laisser des femmes faire ce travail tous les jours

L’engin en place, retour vers la plage. L’impression d’avoir les vertèbres qui s’affaissent se fait ressentir. Horrible sensation de ne plus avoir de cou. Mes épaules pleurent. Ma tête hurle. A peine 15 secondes en suspens et je démissionne. Bamya est à mes côtés et rattrape la bassine en souriant. « Je savais que cela allait être dur pour toi. Nous, on est habituée, on est musclé, on fait cela tous les jours. » Du coup, quand je rentre au club Marmara au Sénégal, je me rends d’autant plus compte de la chance que j’ai ! Merci Bamya…

Bamya, Malienne., force de la nature

Je souffre trop !

Bamya, Malienne : douleur lancinante dans les épaules...

Une douleur lancinante dans les épaules

Journée de la femme : Bamya, Malienne... Contente de relâcher !

Elle reprend immédiatement le rythme ! Total respect pour cette héroïne !

 


Rédigé par Christel Caulet

le 03 mars 2014

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1 Comment

  • […] avec un coin douche et un espace bar très sympa. Moment amusant donc ! On rencontre également ces femmes qui portent toute la journée le sel extrait dans les bassines (40 à 45kg par bassine). J’ai testé et c’est affreusement lourd. On a alors […]

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