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Zebda comme des Cherokees en showcase à Toulouse

Musique

Zebda comme des Cherokees en showcase à Toulouse ! La musique, c’est une question de talent mais aussi d’envie. Et Zebda a les deux. Leur incroyable histoire témoigne en leur faveur : quel autre groupe est capable de se mettre entre parenthèses pendant plusieurs années afin de garder intacte l’étincelle qui constitue sa raison d’être ? Pour Zebda, le break a duré huit ans. « On a été très actifs musicalement », se souvient Mouss. Le groupe toulousain sera en showcase au forum de la Fnac de Toulouse ce vendredi 29 août à partir de 17h30 à l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Comme des Cherokees » , sorti hier. Voyage à Toulouse.

Zebda comme des Cherokees en showcase à Toulouse

Zebda comme des Cherokees en showcase à Toulouse

Zebda comme des Cherokees en showcase à Toulouse ! « En 2011 on constate que le temps est revenu pour un second chapitre de Zebda, on en a très envie, le break nous a fait du bien, il a joué son rôle. Il nous a permis de retrouver l’enthousiasme de faire de la musique ensemble ». L’énergie de Zebda a enflammé les scènes lors de la méga tournée de 2012 (130 concerts !), et c’est en janvier 2013 que le groupe (Magyd, Mouss, Hakim, Rémi et Joël) se remet à l’ouvrage pour préparer un nouveau disque : Comme Des Cherokees. Zebda comme des Cherokees en showcase à Toulouse, ce vendredi, c’est à ne pas rater !

Les six mois suivants sont consacrés à l’écriture des chansons. En juillet 2013, la préproduction commence. Mais Zebda a envie de faire autre chose, autrement. L’idée de travailler avec Yarol Poupaud, le guitariste de FFF, comme réalisateur de l’album, fait tilt. Zebda entre donc en studio avec ce virtuose de la six cordes, qu’ils ont déjà côtoyé à de multiples reprises en tournée. Avec Yarol, les vannes s’ouvrent. « Dans le groupe, il y a toujours eu plusieurs noyaux. Aujourd’hui on est cinq, c’est un noyau plus soudé. On a plus de facilités à concrétiser nos idées. On ose plus certains styles » explique Mouss. Et le style de ce nouvel opus, c’est toujours cette énergie électrique, avec une valeur rock ajoutée et ce feeling méditerranéen qui le caractérise, plus un gros clin d’œil au funk. Cette incursion funky, on la découvre dans le premier single « Les Petits Pas », leur « Mia » made in Toulouse.

Pour en savoir plus

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Zebda comme des Cheerokees en showcase à Toulouse !

Du grand Zebda, mais avec un groove inédit, celui d’une musique qui a toujours été populaire dans les quartiers, bien avant qu’elle ne le devienne auprès du grand public via Prince ou Daft Punk. « Arriver à produire ce son-là, c’est très nouveau. Quand on le joue sur scène, c’est implacable ! Cette énergie, c’est celle du funk. Toute notre jeunesse, c’est ça. C’est ce qu’on partage avec nos amis du quartier, Earth, Wind & Fire, Michael Jackson, Kool & The Gang, George Duke. C’est pour ça qu’on dit les pas de “chtah”, ça veut dire danse en Arabe. On s’est dit qu’il y avait un truc à faire avec ça. Les petits pas qui te font avancer, ça peut aussi être les pas de danse ».

Enregistré entre Toulouse et Carpentras, mixé à Paris, Comme Des Cherokees s’impose dès les premières mesures comme un nouveau classique pour Zebda. « L’Envie » ouvre le bal, avec cet accent inimitable et ces lyrics finement ciselés par Magyd soutenus par des cuivres surpuissants et des guitares rampantes. « On gicle par la voie des airs tous ces gens venus du désert » : joli raccourci pour parler des expulsions par charter. Musicalement, ce mélange explosif entre rock et funk se confirme avec « À Suivre », à la rythmique frénétique.

La méthode Zebda ? Il n’y en a pas. « Ça peut partir d’un texte, d’une mélodie. Un morceau fort en maquette peut finir à la poubelle comme un morceau faible à la base peut finir numéro un sur le disque. Le son détermine l’énergie du morceau. On a toujours cette ambition de faire de la chanson avec des textes qui disent des choses, sans que la puissance reste au rencard ».

Avec « L’Accent », c’est à un subtil plaidoyer contre l’uniformisation que nous invitent les Toulousains du quartier des Izards. « Nous on aime bien les accents, quels qu’ils soient. C’est juste une petite larme en passant, une manière de dire qu’au fond c’est pas si grave mais on le dit quand même : si tu peux garder ton accent, ça ne nous dérange pas. On a beaucoup d’amis qui ont des accents terribles, pires que nous ! »

« On mise beaucoup sur la poésie », explique Mouss. Illustration avec le superbe morceau « Le Panneau », flashback sur une enfance de cowboys en herbe influencés par l’imagerie officielle. « Aujourd’hui on est sûrs : on n’est pas des cowboys, on est des indiens. Plutôt Geronimo que John Wayne. Ça n’est pas une chanson éminemment politique, mais elle dit des choses. Comment le dominant peut te faire passer l’air de rien l’idée que c’est lui qui a raison. Quand on parle d’indiens, forcément la dimension politique n’est pas loin ».

Reggae et musique traditionnelle sont toujours des composantes du son Zebda, comme en témoigne « Les Chibanis », émouvante évocation de ces vieux migrants qui ont passé l’essentiel de leur existence en foyer, qui ne peuvent même pas rentrer dans leur pays à l’âge de la retraite, qui « vivent quand tout est fini et meurent sans cérémonie ». « Fatou » est un pivot de l’album, un exercice de style périlleux : évoquer cette abominable tragédie, des Noirs immigrés brûlés vifs dans un hôtel vétuste loué par des marchands de sommeil sans scrupules. « On travaille la mise en musique, justement pour ne pas être larmoyant, on essaie de garder une certaine énergie dans ce thème sombre et on affine le texte, pour enlever ce qui est misérabiliste ou démago. On raconte l’histoire des gens à travers des poésies sociales ». Triste fait divers, déchirante chanson.

Écouter Comme Des Cherokees, c’est déjà l’imaginer sur une scène tant son alliage entre la puissance du son et celle des textes est flagrante. Preuve sur « Essai », aux riffs nerveux, ou « Les Morfales », extraordinaire conte onirique sur une invasion d’affamés et clin d’œil à la corbeille de pains, composante essentielle du repas, de l’autre côté de la méditerranée (« S’il n’y a pas de pain, on ne mange pas ! »).

Générosité, accents toniques, funk jamesbrownien, poésie sudiste, le tout sur des petits pas de danse qui font avancer les choses. Zebda nous invite une nouvelle fois à changer de cap, alliant rythmes solaires et balades nostalgiques. « L’avantage dont on est très fiers depuis toutes ces années, c’est qu’on peut jouer dans des festivals punk, sur la place du village, dans un festival reggae ou au milieu du quartier, ça se passe ». Inclassable et tous terrains, Zebda déboule en concert ! Enfin !

 

A propos...
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Zebda

alias Zebda

Chanteur

31000 Toulouse


Rédigé par Sophie Bousquet

le 26 août 2014

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