Share

Évasion de prison

Exposition Toulouse

Évasion de prison avec la tête dans les étoiles du 25 février au 16 juillet prochain. Les Abattoirs investissent pour la 4e fois les murs du Centre de détention de Muret pour proposer  aux détenus une exposition sur la thématique du rêve et de l’évasion.

Évasion de prison Évasion de prison

Évasion de prison

« Heureusement que j’ai la peinture ! », explique calmement Daniel, un détenu au Centre de détention de Muret. « Je m’y suis mis et cela m’ouvre une manière de voir les choses différemment. Vous savez quand on peint, on ne pense qu’à ça. Alors moi, je m’éclate dans ma cellule avec mes pinceaux  » explique le détenu. « C’est sans doute une manière de s’évader. Évidemment il y a aussi les ateliers d’art auxquels je participe. Ça soulage de pouvoir parler de culture. » Un moyen comme un autre de rêver d’Évasion de prison

Dans le couloir central du centre de détention de Muret, les derniers accrochages ont lieu. Des œuvres d’artistes exposées pour ouvrir le champs des possibles. Les détenus passent dans le couloir. Certains vont regarder les toiles, d’autres n’y jetteront même pas un coup d’œil. Pourtant les tableaux exposés sont ceux de grands maitres : Serge Saunière, Aki Kuroda, François Morelet pour n’en citer que quelques uns…

Un moyen de faire entrer la culture dans un lieu fermé, en quelque sorte hermétique au monde extérieur. Pourtant depuis 2007, un partenariat solide en faveur de la culture en milieu pénitentiaire lie le Musée des Abattoirs et le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de Haute Garonne, le centre de détention de Muret et le Centre hospitalier G. Marchant.

Dans le cadre de l’animation d’ateliers artistiques

Catherine Bérenguer, plasticienne de métier, intervient auprès d’une dizaine de prisonniers : « J’essaye tout simplement de transmettre ma passion de l’art. Ça va faire 5 ans que je m’occupe de ces ateliers, deux heures par semaine sur la dynamique d’une thématique sur laquelle on travaille avec les détenus. L’an passé on a travaillé sur des photos montages, c’était intéressant pour eux de découvrir le monde à partir de mes photos. Certains m’ont même demandé de prendre des lieux en particulier en photo, des lieux qui avaient visiblement un sens pour eux…  »

Pour en savoir plus

  • Consultez nos articles sur les expositions et jetez un coup d’oeil à nos articles culture. N’hésitez pas à nous laisser un petit message…

Faute de budget suffisant, la liste d’attente pour participer aux ateliers artistiques s’allonge.

Pour le psychiatre de l’établissement, « avoir accès à l’art, c’est aussi penser à la santé mentale des prisonniers d’une certaine manière. Ils ont besoin de se concentrer sur autre chose. C’est aussi un moyen de sonder l’expression à travers leurs œuvres et de tester leurs relations à autrui avec ces ateliers en groupe. »

Car le parcours pénitentiaire, c’est une notion du temps différente, un isolement qui se ressent dans les couloirs de l’établissement où sont accrochés les tableaux.

Évasion de prison

Laurence Darrigeaud, responsable des services publics aux Abattoirs, mène ce projet en fer de lance. « C’est un moyen de maintenir une passerelle avec l’extérieur car ici, ce sont des condamnés à de longues peines pour l’essentiel des 600 prisonniers. Même pour ceux qui ne pensaient plus à la culture, c’est un moyen de les faire s’intéresser à quelque chose. Et puis, cela crée du lien social aussi ! L’an dernier, les prisonniers ont travaillé sur le thème de savoir comment on monte une exposition. Ils en ont organisé une. Les familles des prisonniers sont venus voir les expositions. C’était un moment qu’ils attendaient et cela leur permet de percevoir le travail effectué par leur proche.  Un enfant était tellement fier de voir ce que son père avait créé que cela nous a tous ému », se souvient la jeune femme.

Sensible à l’isolement dont peuvent souffrir certains prisonniers, le directeur de l’établissement pénitentiaire de Muret, M. le Dantec, explique : « On a pu l’an dernier amener quelques détenus au Musée des Abattoirs pour leur faire découvrir l’art. Pour ces personnes qui souffrent de longues années d’enfermement, c’est une manière de percevoir l’extérieur et pour certains d’entre eux, une manière de se projeter dans l’avenir.  »

Pour Daniel, détenu qui devrait sortir en 2016, l’art a été un moyen de voir la vie différemment. Cet ancien commercial envisage même à sa sortie de prison d’ouvrir une galerie d’art. Un projet ambitieux mais concret pour celui qui dessine Collioure avec ses souvenirs et les photos des magazines.

Évasion de prison : les portes du pénitencier viennent de se refermer !

Évasion de prison artistique

Rédigé par Christel Caulet

le 25 février 2014

Tags :

Rejoignez le club Jet-Lag-Trips

2 Comments

Leave a comment