Share

Dormir dans un bidonville en Afrique du Sud

Afrique du Sud Hébergement insolite

Dormir dans un bidonville en Afrique du Sud. Avouez que l’idée peut paraître farfelue et indécentes. Pourtant, ce n’est pas une blague. Un hôtel de luxe de la chaîne Emoya Hotel & Spa a reconstitué un bidonville au sein d’une enceinte sécurisée dans sa propriété et propose à ses clients de tenter l’expérience « bidonville » en Afrique du Sud.

Dormir dans un bidonville en Afrique du Sud

Hébergement insolite : Dormir dans un bidonville en Afrique du Sud Hébergement insolite : Dormir dans un bidonville en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, 12 millions d’habitants vivent dans des bidonvilles. Et ça, ce n’est pas de la fiction mais bien la triste réalité. Pourtant, un hôtel de luxe de la chaîne Emoya Hotel & Spa en a fait une distraction en proposant un hébergement insolite : Dormir dans un bidonville. A faire après un Safari luxe Afrique du Sud à faire impérativement. Car si on connaît de l’Afrique du sud les réserves naturelles sublimes et autres attractions touristiques, on peut s’étonner d’un manque réel d’humanité avec cette macabre mise en scène moribonde. Des bidonvilles, on en a croisé quelques uns lors de notre roadtrip itinérant en Afrique du Sud. Au Lesotho, au Swaziland ou encore à Johannesburg ou près de la réserve animalière du Parc Kruger. Les disparités entre noirs et blancs sont visibles et criantes. Face à une croissance urbaine, l’accès au logement est l’une d’entre elles. L’insécurité entre les différents quartiers les plus pauvres se faisant ressentir même si pour notre part, nous n’avons subi aucun mauvais traitement lors de ce voyage afrique du sud.

Crise du logement pour les plus pauvres

Situé dans la ville de Bloemfontein, le bidonville le Shanty Town vous propose de passer la nuit dans une petite maison en tôle rouillée pour 60 EUR, ce qui correspond à la moitié du salaire moyen en Afrique du Sud. De quoi vous faire réfléchir… On pourrait ainsi analyser tous les critères de pauvreté et de niveau de vie (Taux VIH, maladies comme la tuberculose, PIB..) à chaque fois, les statistiques s’accumulent concernant la population noire défavorisée.

L’établissement a mis au point, au sein même de sa propriété ultra sécurisée, les conditions pour passer une nuit dans un faux bidonville avec cabanes en tôle ondulée, toilettes extérieures, lampes à huile et radios à pile avec des matériaux de récupération. Un campement de fortune si on peut dire. Une mise en scène révoltante comme on pourrait en trouver plein dans un township surpeuplé à Johannesburg. Un taudis équipé d’un chauffage au sol et d’une connexion Internet sans fil !, précise le site. Pourtant, ce spectacle rappelle de mauvais souvenirs comme l’apartheid. Car c’est encore une population noire qui est victime d’une misère sociale insalubre, visible par tous.

Quand la misère devient un spectacle

Le pire, c’est que ce concept attire une clientèle nombreuse qui vient jouer aux misérables l’instant d’une nuit. L’abri de fortune vous coutera cependant 60€ la nuit soit la moitié du salaire moyen d’un Sud-Africain. Et comme l’indécence ne fait pas peur à ce site, le propriétaire de ces lieu précise : « Le Shanty Town est idéal pour se forger un esprit d’équipe, pour des barbecues, des soirées à thème, et pour vivre l’expérience de votre vie ». Cette baraque n’est que la mise en lumière d’excès en matière de politique de logement, malgré la croissance économique que connaît l’Afrique du Sud depuis quelques années désormais. Malgré cela, on est en droit de se poser les bonnes questions concernant les inégalités dans l’accès à un logement digne de ce nom. Une crise du logement dont sont victimes les plus pauvres en Afrique du Sud.

Regard sur la misère en Afrique du Sud Regard sur la misère en Afrique du Sud

De quoi s’interroger sur cette volonté de distraire avec la misère ! La vulnérabilité des pauvres devenant une distraction comme une autre, une forme de marchandage assez intolérable. Quant aux richissimes clients en manque de pauvreté, ils feraient mieux de s’impliquer au côté de ceux qui vivent réellement la misère au quotidien au lieu de jouer au pauvre, avec des investissements économiques pour lutter contre la précarité. Difficile donc de résorber les différences même si agir pour le développement international devrait être une priorité.

Infos pratiques

Notre road-trip en Afrique du Sud :

 


Rédigé par Sophie Bousquet

le 18 juillet 2017

Tags :

Rejoignez le club Jet-Lag-Trips

4 Comments

Leave a comment