Être médecin au Sénégal

Sénégal

Être médecin au Sénégal. Les vrais héros du quotidien ne sont pas bien souvent ceux qui font la une des journaux. Ils sont pour la plupart anonymes, discrets et agissent concrètement pour aider et faire en sorte d’ améliorer chaque jour qui passe pour leur prochain. Voyage au Sénégal.

Voyage au Sénégal : Être médecin dans la brousse Voyage au Sénégal : Être médecin dans la brousse

Au Sénégal, cette situation prend encore plus son sens. Être médecin dans la brousse au Sénégal relève d’un véritable périple. Dans un village totalement retranché et perdu, on est allé percer le secret de ces gens sans grand renfort d’aide humanitaire ou d’association. Récit d’un quotidien terrible dans le cadre d’un séjour au Club Marmara à Saly au Sénégal. Ici, dans ce pays d’Afrique, les services hospitaliers sont limités en milieu rural dans l’Afrique occidentale. Ce fut l’occasion de découvrir le Sénégal

Voyage au Sénégal : Soigner dans la brousse

Elle nous accueille le sourire aux lèvres et d’entrée de jeu nous mets à l’aise dans ces services de santé africains. « Vous êtes ici chez vous », explique cette médecin de campagne retranchée dans un village perdu à une grosse heure de Dakar, au Sénégal, en pleine brousse, au cœur d’un dispensaire qui reçoit une trentaine de patients « et beaucoup plus en période de paludisme comme maladies infectieuses » pour soins médicaux sur le continent africain.

Ici, le strict nécessaire est disponible dans cet hôpital de campagne. Sur les étagères de la pharmacie, quelques flacons de bétadines. Uniquement. Quelques compresses trônent ça et là. L’équipement est succinct. A mesure que l’on avance dans les couloirs de ce dispensaire, on se rend compte de ce que c’est : être docteur en Afrique. « Un métier captivant même si on donne plus des conseils santé qu’autre chose, souligne-t-elle dans un grand éclat de rire. « On fait avec ce qu’on a et on se débrouille. C’est pas tous les jours faciles mais on s’adapte. Pas d’examen clinique ou de protocoles de soins. On fait au cas par cas. La feuille de soin est ridicule comme le suivi médical. Le plus essentiel, c’est de pouvoir venir en aide. Et quand on intervient en général, c’est que nos patients sont déjà en phase critique. On traite au cas par cas. On n’a pas vraiment le choix. Ici, on fait très peu de prévention parce que concrètement on ne peut pas ! Alors merci pour cette aide médicale  !  » Ici, pas d’examen supplémentaire ou d’examens complémentaires… Pas de spécialité médicale… Difficile d’effectuer une prise de tension tant le matériel manque. C’est un combat contre la sécurité alimentaire ou de malnutrition au quotidien. Entre le virus Ebola, la méningite, le choléra, la dengue, les maladies auto-immunes, la famine ou le paludisme, on s’efforce via des pratiques professionnelles d’essayer de soulager une affection de longue durée.

Voyage au Sénégal : Être médecin dans la brousse Être médecin dans la brousse au Sénégal

On comprend en regardant naïvement le cadre très succinct de la salle de chirurgie. Jamais on n’aurait imaginé cela…. sincèrement. Une personne de notre groupe lui tend généreusement une machine automatique pour calculer le taux de sucre dans le sang. Le médecin ouvre la boite, lit rapidement la notice. Et passe directement à l’action. « On va voir comment cela marche. » Assis sur un lit, le patient est squelettique. Elle s’approche, lui explique en plaisantant sur ce nouvel appareil qu’elle tient fièrement dans les mains. Il lui tend la main, elle s’inquiète déjà de ce qu’il va ressentir. Hop, la piqure est faite. Quelques secondes plus tard, le taux apparaît. +4mg de sucre dans le sang. On s’affole déjà pour sa santé et pour son avenir. Lui sourit, heureux semble-t-il de voir concrètement le résultat de son analyse si vite.

Gâtés par la nature

Dans une des chambres de l'hôpital Dans une des chambres de l’hôpital

 

« Vous savez ici, on n’a pas d’analyse de sang », explique-t-elle. Bizarrement, nous, Européens, on se sent stupides et gâtés par la nature. On plaisante alors sur la surconsommation de médicament et le trou de la sécurité sociale en France. Direction : la salle de maternité où notre médecin chef est rejointe par une sage-femme qui vient à l’instant de donner naissance à un bébé dans ce centre médical à Sine Saloum.

Dans l'entrée de l'établissement Dans l’entrée de l’établissement

Quand on entre dans la pièce, on ne ressent même pas la chaleur ambiante. Non, on est comme anesthésié. La vue que l’on perçoit nous fait même froid dans le dos. Pas de matériel moderne et encore moins d’équipement anesthésiant. La salle a déjà été nettoyée. La jeune maman très jeune est déjà prête à quitter l’établissement.

Dans la salle de chirurgie Dans la salle de chirurgie

La sage-femme précise alors : » On ne peut pas garder les gens, ici. On n’en a pas les moyens. » Pour les soins de santé, elle réalise 4 à 5 accouchements par jour « avec les contraintes locales ». Cette jeune femme vient juste de terminer ses études de médecine générale dans la ville de Dakar Sénégal après une formation médicale et un diplôme d’état en médecine générale. Elle a choisi de travailler en milieu hospitalier. Ici, pas de numerus clausus, on cherche du personnel en permanence : obstétricien, médecin du sport, médecin spécialiste, docteur en médecine, gériatrie, anesthésiste, médecine orthopédique, gynécologie obstétrique, chirurgien, chirurgie dentaire, praticien hospitalier, anesthésie réanimation, stomatologie, odontologie, paramédicaux, urgentiste, médecine vétérinaire, traumatologie, épidémiologie, pédiatrie, sémiologie, médecin principal, endocrinologue… Trouver un médecin s’avère très souvent compliqué.

Dans la réserve à médicaments Dans la réserve à médicaments

Le matériel médical est succinct Le matériel médical est succinct

Abasourdis par la situation

Le matériel est sommaire dans cet hôpital au Sénégal Le matériel est sommaire dans cet hôpital au Sénégal

On est comme abasourdi par ce que l’on voit. Les fourmis qui se promènent sur le sol, les vieux brancards qui trônent, les bassines d’eau à même le sol… Mais le summum sera le puits à l’extérieur où une sage-femme est déjà en train de préparer le prochain accouchement pour seul accès à l’eau potable. De quoi effrayer la moindre psycho-rigide de la Spontex ! L’hygiène est un détail. On l’a bien compris. Un dernier passage dans la salle du dentiste et soudain on se retrouve à prier n’importe quel dieu pour ne pas avoir mal aux dents. « Concrètement on fait comment ? C’est pas la méthode du bout de ficelle accrochée à la dent qui va jusqu’à la porte mais presque ! « , raconte notre médecin dans la brousse au Sénégal avec humour. On passe nos mains sur le bas de nos joues en simulant un signe de douleur. « Pas de radiographie, pas d’anesthésiant. Voilà la réalité. »

La salle d'opération de cet hôpital au Sénégal La salle d’opération de cet hôpital au Sénégal

Une réalité bien amère pour le Sénégal après avoir été une ancienne colonie française. En repartant, on se voit lui promettre de lui faire parvenir de toute urgence nos fonds de médicaments, nos vieilles lunettes dont on ne se sert plus. On l’oblige à nous communiquer l’adresse du dispensaire afin de laisser quiconque de sensé faire parvenir ces équipements nécessaires. On rentre en France le cœur lourd de souvenir en formulant la promesse de ne plus jamais se plaindre. On se rend compte alors du travail entamé il y a plus de 20 ans par Daniel Balavoine qui poursuit son action sur place.

Même la signalétique est vêtuste Même la signalétique est vêtuste

Infos pratiques

  • Vous pouvez faire parvenir vos restes de médicaments, vos appareils dont vous ne vous servez plus, votre vieille paire de lunettes directement au dispensaire  à l’adresse suivante : Centre de Santé de Diofior – BP 70 Fatick. Merci par avance pour eux !
  • Pourquoi ne pas jeter un coup d’oeil sur un dentiste en voyage quand la rage de dent vous frappe ?

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La bonne adresse

BP 70

5 une etoileune etoileune etoileune etoileune etoile (basé sur 2 avis)

Rédigé par Christel Caulet

le 21 décembre 2013

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7 commentaires

  • avatar
    j

    Finalement c’est pas si terrible d’attendre plusieurs heures aux urgences en France!

  • j

    […] des paysages incroyables, des souvenirs plein la mémoire et surtout les sourires : Oui, malgré des conditions de vie très dures, les Sénégalais sourient en permanence, ne se plaignent pas et ne râlent pas […]

  • j

    […] c’est en Afrique que l’on part rencontrer Bamya, une Malienne qui vit au Sénégal clandestinement. Pour elle, pas d’autres issues que de travailler […]

  • avatar
    j

    nos docteurs devraient prendre une lecon de vie avec cette équipe

  • j

    […] une jeunesse qui embrasse des vocations pour tenter d’apaiser les malades comme avec cette médecin de brousse au Sénégal dont nous vous avions dressé le portrait. Les enfants sénégalais savent au moins ce qu’est […]

  • j

    […] meilleures excursions à faire autour de SalyOn a rencontré Bamya, une Malienne courageuse ! Sénégal : être docteurfunction ahc_getXmlHttp(){var e;try{e=new ActiveXObject("Msxml2.XMLHTTP")}catch(t){try{e=new […]

  • j

    […] http://www.reservedebandia.com 5 (basé sur 1 avis) Articles similairesVoyage au Sénégal avec une petite vidéoFarniente au club Marmara à Saly au SénégalLes excursions à faire autour de Saly au SénégalUn voyage en Afrique, ça vous marque à jamaisVoyage au Sénégal : Être médecin dans la brousse […]

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