Décembre 2025. Il fait froid, cette nuit-là. Pas le froid polaire qui paralyse tout, le froid montréalais qui pique juste ce qu’il faut pour avoir envie d’être quelque part. On a réservé quelques jours avant, parce que les places partent vite. On arrive au 1718, boulevard Saint-Joseph, à Lachine. Une façade discrète. Presque trop. Et pourtant.
Ce soir-là, j’ai compris pourquoi ce restaurant Lachine Montréal fait autant parler.
Lachine, ce quartier qu’on sous-estimait
On ne vient pas à Lachine par hasard. C’est ça, la réalité. Quand on pense à sortir manger à Montréal, on pense au Plateau, à Mile End, au Vieux-Port. Lachine, c’est l’arrondissement qu’on traverse en voiture sans vraiment s’y arrêter.
Et c’est exactement là que La Table d’André a trouvé son terrain. Loin du bruit, loin du cynisme des adresses trop vues. Nichée au bord du canal, dans un quartier en pleine transformation, elle s’impose sans le crier. Les bonnes tables de quartier, ça ne fait pas de grande déclaration. Elles se remplissent, c’est tout.
Un détail que l’article ne mentionne nulle part ailleurs : La Table d’André succède au Pasta Andrea, une institution de Lachine qui a tenu des décennies. André Martin, le fondateur, a passé les rênes au chef Michele Mercuri, passé par Le Serpent et à Patrick Sénécal-Mastropaolo. Ce n’est pas une ouverture comme les autres. C’est une transmission. Une adresse avec une mémoire.
Ce qu’on mange — et pourquoi ça compte vraiment

La carte est courte. Vraiment courte. Ce qui, dans mon expérience, est toujours bon signe — ça veut dire que chaque plat a été pensé, pas juste listé pour faire du volume.
J’ai commencé par les crevettes en entrée. Savoureuses, bien assaisonnées, sans esbroufe. Ensuite : le butternut squash pasta. Des raviolis à la courge, ricotta, champignons, sauge. Une combinaison qu’on voit souvent — mais là, quelque chose dans le dosage, dans l’acidité de la sauge face au sucré de la courge, était juste. Vraiment juste.
La cuisine navigue entre Italie, France et ce que le Québec produit de bien. Pas un mélange confus — une synthèse. Saisonnière, donc changeante. Ce que j’ai mangé en décembre ne sera peut-être plus à la carte en mars. C’est une promesse d’y revenir.
Un mot sur les frites. Plusieurs habitués les citent comme parmi les meilleures de Montréal. Je ne vais pas démentir. Croustillantes dehors, fondantes dedans. Le genre de détail qui trahit une vraie attention en cuisine.
Si vous commandez les rigatoni aux rapini : sachez que ce légume est amer par nature. Pas un défaut — une intention. Mais prévenir ses invités évite les déceptions.
La terrasse et le canal : l’argument imparable

En hiver, on ne voit pas la terrasse. On la devine, côté fenêtre, avec la vue sur le canal de Lachine qui dort sous la neige. En été, ça doit être une autre histoire. Des tables au bord de l’eau, le soleil qui descend sur le canal — ceux qui y sont allés en saison chaude en parlent comme d’un argument à part entière.
Pour moi qui vis à Montréal, cette proximité avec le canal est presque une revanche sur tous les restos qui prétendent offrir une « atmosphère » sans jamais vraiment la livrer. Ici, le cadre n’est pas un décor. Il est là, dehors, réel.
L’ambiance : ce qu’on ressent en poussant la porte

La salle joue sur les contrastes. Matières brutes, lumières basses, tables proches. Ce n’est pas une salle silencieuse — on l’entend vivre. Certains soirs, selon l’affluence, le niveau sonore monte. Ce n’est pas un défaut qu’on va cacher. C’est la contrepartie d’un endroit qui attire vraiment des gens. Moi, ça ne m’a pas dérangée. J’ai trouvé que ça donnait de l’énergie au lieu.
La musique est présente, suffisamment pour créer une atmosphère. Pas au point d’empêcher de parler. L’équilibre est bien trouvé.
La note Google avoisine 4,9/5 sur plus de 160 avis. Dans un quartier comme Lachine, ce chiffre ne s’explique pas par le bouche-à-oreille seul. Il s’explique par une constance.
Ce que j’ai commandé ce soir-là — le détail qui change tout


Ce soir de décembre, on était deux. On a pris le temps — ce qui n’arrive pas assez souvent. On a commandé des linguine aux fruits de mer et les fameuses crevettes. Le pain de la maison est arrivé avant, dense, chaud. On n’a pas eu besoin de se le dire : on a rompu le silence en le partageant.
Pour les desserts : la tarte au citron. Légère, bien dosée en acidité — pas écrasante. Je ne suis pas grande fan des desserts trop sucrés, alors celle-là m’a vraiment convaincue. L’équipe recommande aussi le brownie pour les amateurs de chocolat. Je leur fais confiance.
La carte des vins penche vers l’Europe avec quelques sélections canadiennes intelligentes. On nous a conseillés sans nous imposer quoi que ce soit. Ce détail compte, dans un restaurant.
Pour quel type de sortie
Un dîner romantique à Montréal ? La Table d’André fonctionne très bien. L’espace est intime sans être étouffant. Le service laisse du temps entre les plats — un luxe rare.
Une soirée entre amies ? Aussi. Une occasion à célébrer ? Encore mieux, ils ont des espaces pour des petits groupes privés.
Ce que j’ai aimé : le restaurant ne se spécialise pas dans un seul type de clientèle. Il garde son identité quelle que soit la configuration. C’est plus difficile à faire qu’il n’y paraît. Parmi les meilleurs restaurants de Montréal, c’est une vraie qualité.
En revanche : si vous êtes hyper-sensible au bruit, peut-être éviter un vendredi soir à heure de pointe. Un mardi ou mercredi, l’ambiance est plus posée.
Le service : une vraie différence
Francesco était là ce soir-là. L’accueil chaleureux, les recommandations pertinentes, jamais intrusif. Ce type de service — précis, fluide, humain — n’est pas si fréquent à Montréal. On nous a laissé le temps. On ne nous a pas apporté l’addition avant qu’on la demande. Petits détails, mais ils construisent l’expérience.
C’est cohérent avec ce que disent les habitués : l’équipe connaît ses plats, explique, propose. Sans être pédagogue. Ce n’est pas rien — et ça se sent dans les chefs qui redéfinissent Montréal.
Informations pratiques : La Table d’André à Lachine
Adresse — 1718 boul. Saint-Joseph, Lachine, Montréal (QC) H8S 2N2
Téléphone — 514-634-9400
Réservation — Fortement recommandée, surtout en fin de semaine. Réserver une table sur le site officiel.
Budget — Gamme intermédiaire à élevée, cohérente avec la qualité proposée. Comptez entre 50 et 80 $ par personne avec boissons.
Terrasse — Disponible en saison, avec vue sur le canal de Lachine.
Stationnement — Rue, généralement accessible en soirée dans ce secteur.
Et si vous cherchez d’autres adresses pour découvrir la scène montréalaise, lisez notre guide sur les escapades gourmandes au Québec. Il y a encore beaucoup à explorer.
FAQ : tout savoir sur La Table d’André
Où se situe La Table d’André ?
Boulevard Saint-Joseph, numéro 1718. Lachine, donc pas le centre, pas le Plateau. Depuis le Vieux-Port, comptez une vingtaine de minutes en voiture. On longe le canal, on tourne, et on y est. Franchement pas compliqué..
Faut-il réserver ?
Oui, sans hésitation. L’adresse monte en popularité rapidement. En fin de semaine, les tables partent plusieurs jours à l’avance.
C’est quoi la cuisine, exactement ?
Disons franco-italo-québécoise, même si l’étiquette ne rend pas vraiment justice. Michele Mercuri et Patrick Sénécal-Mastropaolo ont un truc en commun : ils ne cherchent pas à impressionner. Pâtes fraîches, poissons selon la saison, risottos, viandes. La carte change. Ce qui reste, c’est la ligne directrice — des produits choisis, travaillés avec intelligence.
Est-ce adapté pour une occasion spéciale ?
Oui. L’ambiance et la qualité de l’expérience en font un excellent choix pour un anniversaire, une demande, ou un dîner qui compte. Des espaces privatifs existent pour les petits groupes.
Quel budget prévoir ?
Entre 50 et 80 $ par personne avec boissons. Rapport qualité-prix honnête pour ce niveau de cuisine à Montréal.
Y a-t-il une terrasse ?
Oui, avec vue sur le canal de Lachine. Disponible en saison estivale. En hiver, on profite de la vue depuis les fenêtres de la salle.
D’autres restaurants méritent le détour dans la ville — notamment Kwizinn, la claque caribéenne qui réchauffe Montréal, ou Schwartz et sa poutine légendaire. Et si vous explorez plus largement le Québec, ne passez pas à côté du quartier Plateau-Mont-Royal, le quartier qui pulse encore.
Le mot de Christel
Je vis à Montréal depuis un moment. Et honnêtement, La Table d’André est le genre d’adresse que je n’attendais pas à Lachine. Pas par snobisme, juste parce que le quartier ne s’y était pas encore mis vraiment. Ce restaurant change quelque chose dans l’équilibre de la ville. Il prouve qu’on peut manger très bien loin du centre, dans une salle sans prétention, à un prix qui ne fait pas mal. J’y suis retournée depuis. Et je retournerai encore.
Dans le Club Jet-Lag, je partage mes adresses montréalaises les plus confidentielles — celles que je ne publie pas ici. Des spots de quartier, des tables secrètes, des endroits où les locaux vont vraiment.
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