Le Plateau-Mont-Royal, l’âme bohème de Montréal

J’habite Montréal. Et s’il y a un quartier que je ramène toujours dans la conversation, c’est le Plateau-Mont-Royal. On le surnomme le quartier le plus cool du monde. Vous allez voir pourquoi.

Ici, les escaliers grimpent en colimaçon le long des façades. Les cafés débordent sur les trottoirs. Chaque rue a son humeur. On marche, on flâne, on rate son métro sans regret. Le Plateau-Mont-Royal ne se visite pas vraiment. Il se vit.

Pourquoi le Plateau-Mont-Royal mérite son titre de quartier le plus cool

Le Plateau-Mont-Royal s’étale sur le versant est de la montagne. Il surplombe le centre-ville. De là vient son nom. Environ cent mille personnes y vivent, une population jeune, créative, qui sort, qui crée, qui refait le monde en terrasse.

Time Out a classé le quartier parmi les plus cool de la planète. Premier au Canada. Un titre qui fait sourire les Montréalais, et un peu rougir les habitants du Plateau. Mais soyons honnêtes. Ce n’est pas volé.

Ce qui rend l’endroit irrésistible, c’est son refus du lisse. Pas de tours de verre. Pas de chaînes à tous les coins. Des duplex en brique, des ruelles secrètes, des murales géantes, des disquaires qui résistent. Une énergie de village planté en pleine ville. On s’y sent chez soi en une après-midi.

Terrasses de café et façades du Plateau-Mont-Royal sous un ciel clair
Terrasses de café et façades du Plateau-Mont-Royal sous un ciel clair

Flâner avenue du Mont-Royal et rue Saint-Denis

L’avenue du Mont-Royal, c’est la colonne vertébrale. Elle traverse le quartier d’est en ouest. Boutiques d’occasion, friperies, disquaires, terrasses bondées. Ça grouille du matin jusqu’à tard. Je m’y perds souvent, et c’est exactement le but.

Descendez vers la rue Saint-Denis pour changer d’ambiance. Plus littéraire, plus posée. Des librairies, des cafés où les gens lisent vraiment, des terrasses pour refaire le monde. Le boulevard Saint-Laurent, qu’on appelle ici « la Main », marque la frontière ouest et file vers le Mile End et ses ateliers créatifs.

Mon conseil de fille du coin. Levez les yeux. Les escaliers extérieurs en colimaçon, ces fameux escaliers montréalais, sont partout. Noirs, bleus, rouille. C’est la signature visuelle du Plateau. Et le meilleur spot photo de la ville, sans contestation possible.

Où manger et boire un café qui vaut le détour

Soyons clairs. On vient au Plateau-Mont-Royal aussi pour la table. La scène food y est dense, créative, jamais coincée. Pour un panorama complet de la ville, jetez un œil à mes tables préférées de Montréal. Mais ici, voici mes repères.

L’Express, rue Saint-Denis, reste le bistro français de référence. Nappes blanches, cornichons sur la table, service vif. Un classique qui ne déçoit jamais. Pour l’Asie, Ramen Isshin et Tri Express tiennent le haut du pavé. Et si vous aimez le brunch costaud, L’Avenue assume ses portions XXL sans complexe.

Côté café, j’ai mes obsessions. Fous Desserts, plus de vingt-cinq ans au compteur, signe des croissants qui valent à eux seuls le déplacement. Le Lapin Pressé glisse ses grilled-cheese par une petite fenêtre de service. Et le Noble Café joue les flotteurs à la crème glacée, dont une version café infusé à froid que je commande sans réfléchir. Le matcha y est partout. Tendance assumée du quartier.

Le shopping d’auteur, mode locale et boutiques indé

Oubliez les centres commerciaux. Au Plateau-Mont-Royal, on chine. Les boutiques indépendantes dominent largement le paysage. Créateurs locaux, friperies pointues, bijoux faits main, petits ateliers qu’on pousse un peu au hasard.

L’avenue du Mont-Royal aligne les meilleures adresses vintage de la ville. La rue Saint-Denis penche davantage vers la mode, locale et pointue, à tous les budgets. J’aime ce service qui prend le temps. On vous conseille, on jase, on ne vous presse pas vers la caisse. Ça change tout.

Petit plaisir coupable. Les disquaires. Le Plateau en garde encore plusieurs, vrais temples du vinyle, où l’on fouille des heures pour repartir avec une pépite. Rien de très raisonnable. Mais qui a dit que le Plateau l’était.

Mes coins verts préférés pour souffler

Le Plateau respire. C’est sa force. Mon QG, c’est le parc La Fontaine. Le plus grand du quartier. Étang, grands arbres, joggeurs, pique-niqueurs, et l’été des concerts en plein air. En hiver, l’étang gèle et devient patinoire. Magie totale.

Le parc Jeanne-Mance, lui, s’appuie contre la montagne. De là, on rejoint les sentiers du mont Royal en quelques minutes. Les dimanches d’été, impossible de rater les Tam-Tams. Des centaines de percussionnistes au pied du monument. Le son porte jusqu’aux balcons du quartier. C’est bruyant, joyeux, un peu fou. Très Plateau.

Et puis il y a les ruelles vertes. Ces passages entre les rues que les habitants ont transformés en jardins partagés. Les touristes passent à côté sans les voir. Vous, maintenant, vous savez. Allez y traîner. C’est là que bat le vrai cœur du paysage urbain montréalais.

Visiter le Plateau-Mont-Royal en pratique

Y aller et se déplacer

Le quartier se trouve à deux pas du centre-ville. Comptez une demi-heure à pied depuis la Gare centrale, ou quelques arrêts de métro. Les stations Mont-Royal, Laurier et Sherbrooke, sur la ligne orange, vous déposent en plein dedans.

Sur place, oubliez la voiture. Vraiment. Le stationnement relève du sport de combat. Le vélo, lui, est roi. Les stations BIXI sont partout et les pistes cyclables bien tracées. Sinon, marchez. Tout est proche, et c’est en marchant qu’on attrape l’ambiance.

La meilleure période pour venir

L’été, le Plateau explose. Terrasses pleines, festivals, rues piétonnes, vie dehors jusqu’à pas d’heure. C’est la haute saison de l’énergie. L’automne a ma préférence secrète. Les érables virent au rouge, la lumière dore les façades, et les escaliers prennent des airs de carte postale.

L’hiver ne fait pas peur aux Montréalais. Le quartier garde son charme sous la neige, cafés bondés et patinoire au parc. Si vous préparez un séjour plus large, mon guide du Québec et de ses destinations vous aidera à boucler l’itinéraire. Le Plateau-Mont-Royal, lui, se savoure en toute saison.

Le mot de Christel

Le Plateau, je l’ai d’abord détesté un peu. Trop hype, me disais-je. Et puis j’y suis retournée. Encore. Un café, un escalier sous la neige, une terrasse en juin, et c’était fini. On ne quitte pas vraiment le Plateau. On y revient toujours.

Dans le Club, je partage mes adresses confidentielles, mes itinéraires testés et mes coins photo que je garde habituellement pour moi. Tout ce que je ne mets pas ici.

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