Un vendredi soir, les clés d’un Volkswagen dans la main, le Sud de la France devant moi. Pas d’hôtel réservé. Pas d’itinéraire figé. Juste un van loué entre particuliers via Campanda — et trois jours pour voir ce que ça donne vraiment. Verdict sans filtre.

Pourquoi louer un van entre particuliers plutôt que passer par une agence
La question mérite d’être posée. Les agences de location de van classiques, c’est rassurant — mais souvent cher et rigide. La location entre particuliers, c’est autre chose. On traite directement avec le propriétaire. On voit les photos, les avis, l’équipement exact. Et les prix sont souvent bien plus accessibles.
Campanda, la plateforme que j’ai utilisée, fonctionne un peu comme un Airbnb du van et du camping-car. Plus de 26 000 véhicules disponibles dans 900 villes en France, et présent dans 40 pays. Le principe est simple : le propriétaire met son van en location, Campanda sécurise la transaction et gère l’assurance. Vous, vous choisissez votre véhicule comme si vous feuilletiez un catalogue.
Pour ce week-end dans les Cévennes et l’Aveyron, on a opté pour un van Volkswagen, léger et pratique, prévu pour 4 personnes. La réservation s’est faite en quelques clics. L’échange avec le propriétaire, en quelques messages. Franchement, plus simple que de réserver certains hôtels.
L’équipement du van : ce qu’on a vraiment trouvé à bord
À l’intérieur, deux espaces couchettes. Un coin cuisine avec frigo — et ça, ça change vraiment la vie. Fini la glacière approximative, fini les sandwichs tièdes après une randonnée. Une boisson fraîche à portée de main après des heures de marche, c’est un luxe qu’on sous-estime jusqu’au moment où on en profite.
En revanche, pas de salle de bain digne de ce nom. Une douche d’appoint ultra succincte. C’est le deal avec ce type de van compact. On le sait en partant, et on s’organise en conséquence — camping avec sanitaires, aires d’autoroute, ou simplement accepter de vivre un peu plus léger pendant quelques jours.
La maniabilité de l’engin m’a surprise. On est haut par rapport aux voitures classiques — ce qui offre un point de vue vraiment sympa sur la campagne. Les petits ponts des Cévennes, les ruisseaux en contrebas, les panoramas à couper le souffle. On s’arrête quand on veut, on sort le trépied, on profite. Aucun bus ne vous permettra jamais ça.

Où dormir en van : la vraie question
C’est là que les choses se corsent un peu. Le camping sauvage est interdit en France, van ou pas. Notre loueur chez Van-Away nous avait heureusement glissé une astuce dans la boîte à gants : un macaron France Passion et le guide associé. Ce réseau met à disposition des emplacements chez des particuliers et des agriculteurs — gratuitement, en échange de discrétion et de respect du lieu. Une vraie bonne idée.
Campanda fournit aussi une liste de campings aux alentours de votre itinéraire. Pratique pour ne pas se retrouver à tourner en rond à 22h dans un village de l’Aveyron — ce qu’on a quand même failli faire, je ne vais pas vous mentir. L’aire de camping-car municipale qu’on a finalement trouvée affichait 20 € la nuit avec en prime une carte routière payante. On a préféré un sous-bois calme, la nature à perte de vue, et le silence absolu.
Le toit du van s’ouvre en quelques secondes avec un bouton. Le lit du haut se déploie. La banquette du bas s’allonge. Des rideaux occultants se clipsent sur les fenêtres. En dix minutes, le van devient une vraie chambre. Pas luxueuse — mais parfaitement suffisante pour une nuit sous les étoiles.
La vie quotidienne en van : ce qu’on ne vous dit pas toujours
Le réfrigérateur ronronne doucement le soir. La discrétion est totale. On déplie une table, on sort une poêle, on fait cuire une bonne entrecôte. Assis sur la banquette, avec la porte arrière ouverte sur la campagne. C’est simple. C’est bon. C’est exactement ce qu’on cherchait.
La vaisselle dans le micro-évier, les placards qui rangent tout, la table qui se replie en trente secondes. J’avais fait du camping toute mon enfance — ce van, c’est le camping en version adulte et sans effort inutile.
Ce que j’avais moins anticipé : les eaux usées. Il faut penser à vider la cuve et à renouveler les réserves d’eau aux aires de service. Rien de compliqué, mais ça s’intègre dans le rythme de la journée. Les aires de service deviennent vite de bonnes vieilles amies.
Pour les douches, on a opté pour un camping en cours de route. L’accès aux sanitaires était libre. Simple, efficace, et ça permet aussi de faire une pause dans un endroit sympa.

Ce qu’il faut savoir avant de réserver
En haute saison, la demande pour les vans entre particuliers peut être très forte. Anticipez. Certains modèles populaires — le Volkswagen California, le Ford Nugget, le Mercedes Marco Polo — partent plusieurs mois à l’avance en juillet-août.
Les prix varient beaucoup selon le modèle, la saison et le propriétaire. Comptez à partir de 90 € par nuit en basse saison pour un van correct. Les modèles plus équipés montent facilement à 150-180 €. C’est plus cher qu’un camping classique, moins cher qu’un hôtel — et infiniment plus libre que les deux.
Sur Campanda, lisez bien les descriptions et regardez les avis des locataires précédents. Comme sur n’importe quelle plateforme de location entre particuliers, la qualité varie. Un propriétaire attentif fait vraiment la différence : le nôtre nous avait préparé un petit guide de la région glissé dans le van. Ce genre de détail.
Envie de prolonger l’aventure ? Notre guide sur le road trip dans le Sud de la France en van vous donnera des idées d’itinéraires. Et si vous hésitez encore entre van et hébergement fixe, notre dossier sur les meilleures idées de week-end peut vous aider à trancher.
Questions pratiques
Est-ce rentable de louer un van entre particuliers ?
Louer plutôt qu’acheter, c’est la bonne option si vous partez moins de 4 à 5 semaines par an en van. L’achat et l’aménagement d’un van représentent un budget conséquent — plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un modèle récent et bien équipé. La location vous permet de tester différents modèles, différentes tailles, sans engagement.
Où trouver les meilleures locations de van entre particuliers ?
Campanda est la plus grande plateforme internationale. Yescapa et Goboony sont deux autres options sérieuses, avec de bonnes communautés de propriétaires français. Comparez les offres sur plusieurs sites — les mêmes véhicules ne sont pas toujours sur toutes les plateformes.
Faut-il un permis spécial pour conduire un van aménagé ?
Non, pour la grande majorité des vans entre particuliers, le permis B suffit. Vérifiez tout de même le PTAC du véhicule — au-delà de 3,5 tonnes, un permis spécifique peut être nécessaire. Les vans compacts type Volkswagen California ou Ford Transit restent bien en dessous de ce seuil.
Pour compléter votre préparation, jetez un œil à notre guide complet sur la vanlife et nos conseils pour faire sa valise pour un week-end en van. Si vous cherchez d’autres formes d’hébergement atypiques, notre sélection d’aventures atypiques vaut aussi le détour.

✦ Le mot de Christel
Ce week-end en van, je l’attendais avec un mélange de curiosité et de scepticisme. Moi qui dors d’habitude dans des hôtels avec des oreillers moelleux et un service en chambre, est-ce que j’allais survivre à trois nuits sur une banquette ?
La réponse est oui. Et même mieux que ça. Il y a quelque chose de très libérateur dans le fait de ne pas savoir exactement où on va dormir le soir. Le voyage redevient une aventure, pas un planning à cocher.
Dans le Club Jet-lag, je partage mon itinéraire complet dans les Cévennes et l’Aveyron — les spots où on s’est arrêtées, les bonnes adresses pour manger local, et surtout la liste de tout ce qu’il faut vraiment emporter dans un van pour que ça se passe bien.
Pour aller plus loin
- Vanlife chic au Québec : l’itinéraire slow
- Road trip en Irlande : de Dublin à Adare
- Idées de week-end en Occitanie
- L’Aveyron version luxe
- Camping version royale avec Yelloh Villages
- Les meilleurs designs de tiny houses sur roues





