Ces moments qui ont changé les voyages en 2025

Je dois le reconnaître c’est toujours un moment particulier lorsqu’on voyage. Le Wi-Fi a rendu les avions bavards. Trop, peut-être. Ce jour-là, alors que je partais à New York, il a décidé de se taire. Écran figé, messages en suspens. Habituée à travailler en vol, je suis aussi du genre à envoyer des sms à tout va. C’est donc en général en avion que je profite le mieux de mon jet-lag pour avancer sur mes taches quotidiennes. Là, je ne le pouvais plus. Un frein brutal à cause d’un problème de wifi. En général, je suis du genre à arriver en avance à l’aéroport. Je me retrouve en général avec un bon chocolat chaud ou un café dans un de ces bars où l’on peut se connecter et travailler en patientant. Mais là, cette fois, vu que le wifi faisait des siennes, j’ai observé tout ce qui m’entourait.

 pianiste aéroport new york
pianiste aéroport new york

Moments en voyage

Un piano noir à queue trônait là, presque incongru, au milieu de l’aéroport. Un pianiste s’est installé, a commencé à fredonner quelques chansons, comme pour lui-même. Peu à peu, les pas ont ralenti, les conversations se sont tues. À la fin d’un morceau, un cercle s’était formé autour du piano : des voyageurs immobiles, suspendus à cette parenthèse musicale, oubliant l’heure, les écrans, les départs. Nous étions tous suspendus à ses paroles, attentifs comme rarement, rassemblés dans ce silence dense que seule la musique sait créer.

Ce sont précisément ces moments-là que le voyage imprime durablement. Pas les kilomètres parcourus ni les adresses cochées, mais ces parenthèses inattendues où l’on se sent plus attentif au monde. En voyage, tout devient plus poreux : les regards, les odeurs, les rencontres. Même à New York, dans une rue inconnue, une enseigne peut suffire à réveiller l’inspiration.

Pour ces derniers articles de l’année, l’envie n’était pas de dresser un palmarès d’hôtels spectaculaires ou de destinations lointaines, mais de collecter ces instants discrets qui restent bien après le retour. Des rencontres imprévues, une générosité gratuite, une saveur, un paysage. Autant de fragments qui rappellent pourquoi voyager compte encore, surtout dans un monde plus cher, plus instable, plus pressé. À travers les témoignages de notre communauté, une évidence s’impose : ce sont la bienveillance, la spontanéité et parfois le simple hasard qui donnent au voyage sa vraie valeur.

Un voyage aux USA

À la mi-avril, un road trip a pris forme à travers les États-Unis, de Joshua Tree jusqu’à la côte du Maine, avec un léger détour par le Canada. La route, pourtant déjà connue, a changé de visage grâce à une règle simple : ralentir. Éviter les autoroutes, suivre un fil conducteur souple — traquer les anciens magasins généraux et les saunas.

Ce parti pris a ouvert des portes inattendues : des cabanes japonaises Kominka, une église en bois dressée hors du temps, des saunas flottants sur le lac Supérieur, et une succession de paysages à couper le souffle. À l’instant même où l’envie d’évasion se faisait pressante, l’immersion a opéré. Sans chercher ailleurs, le voyage a suffi. Susan, 44 ans, journaliste à Travel Leisure

Un temps d’attente

Nous sommes restés coincés une nuit à l’aéroport de Casablanca, en route vers Marrakech pour visiter marrakech à pied. Le salon, resté figé dans les années 70, alignait ses fauteuils fatigués et un buffet étonnamment généreux. Café brûlant, dattes, biscuits grignotés lentement, le temps s’est étiré dans un aéroport presque vide. L’hôtesse a laissé le salon ouvert rien que pour nous, jusqu’au décollage. Une parenthèse hors du temps, presque un voyage en soi, rappelant que les vols directs ne sont pas toujours la meilleure option. Simon, 50 ans, directeur d’une agence de voyage

Croisière en Norvège

Certains instants, cette année, se sont imposés avec une évidence particulière. Une croisière privée dans les fjords norvégiens, aux côtés du capitaine, a offert bien plus qu’un paysage : une plongée dans la vie d’autrefois, dans l’histoire façonnée par la géographie — une leçon qu’il fallait vivre sur place pour en saisir la portée.

À Saint-Barthélemy, île retrouvée année après année, la rencontre avec le nouveau-né d’amis installés là a rappelé que le voyage crée parfois des liens d’une authenticité rare, loin de toute mise en scène.

Et puis, ce millionième mile parcouru en avion. On parle souvent des hôtels, rarement du déplacement lui-même. Pourtant, une longue conversation avec les pilotes, lors d’un vol vers Milan, a soudain donné un autre sens à ces décollages, atterrissages, miles accumulés — et même aux retards, patiemment endurés. Michael, 46 ans, directeur artistique

Voyage en Ouzbékistan

Nous sommes partis en Ouzbékistan pour un voyage d’exploration, avec ma femme et ma nièce — la créatrice d’Emporio Sirenuse. En tête, une quête précise : retrouver des textiles d’exception, dans la lignée des suzanis et des ikats que mon père collectionnait, et qui ont façonné mon imaginaire d’enfance.

Alors que l’espoir commençait à s’étioler, un jeune commissaire de la Biennale de Boukhara nous a soufflé une piste. Il nous a guidés à travers un lacis de ruelles désertes jusqu’à la maison d’un Ouzbek discret, héritier d’un savoir ancien. Là, la broderie reprenait vie, réinventée avec justesse. Certains des plus beaux suzanis contemporains que j’aie jamais vus. Un moment suspendu, gravé pour longtemps. Jack, 48 ans, spécialiste des réseaux sociaux pour Condenast Traveller.

Renaissance à Beyrouth

Ce qui reste, avant tout, c’est cette immersion dans l’esprit moderniste de Beyrouth, autrefois si vibrant. À bord d’un bus à impériale, le parcours de 49 sites emblématiques a dessiné une ville en strates : du style international à l’Art déco, jusqu’aux icônes brutalistes comme l’Œuf. Une renaissance architecturale pleine de promesses, brutalement stoppée en 1975, dont l’empreinte continue pourtant de traverser le paysage urbain, tenace et profondément vivante. Karima, 36 ans, journaliste à Al Jazeerah.

Séjours en Grèce

moment en voyage
moment en voyage

J’ai parcouru la Grèce une grande partie de ma vie, et pourtant Folegandros m’était restée inconnue en van en Grèce J’ai parcouru la Grèce une grande partie de ma vie, et pourtant Folegandros m’était restée inconnue alors que je rejoignais en . Une île cycladique minuscule, peut-être la plus poétique, la plus irréelle de l’archipel. L’arrivée saisit immédiatement : des falaises sculptées par le vent, le monastère de Panagia suspendu dans le vide, presque irréel.

. Une île cycladique minuscule, peut-être la plus poétique, la plus irréelle de l’archipel. L’arrivée saisit immédiatement : des falaises sculptées par le vent, le monastère de Panagia suspendu dans le vide, presque irréel.

Les habitants comptent parmi les plus chaleureux rencontrés. Traverser cette île longue et étroite ressemble à une lente exploration, révélant des merveilles discrètes : les maisons blanchies à la chaux de Chora, les villages minuscules, les églises disséminées, les ânes, les bergers et leurs troupeaux. Une grande partie de Folegandros semble flotter au-dessus de la mer, à une altitude vertigineuse. Chaque descente vers une baie devient alors un dévoilement progressif, la mer apparaissant en contrebas comme une récompense presque méritée. Juliette B., 42 ans, styliste journaliste

Séjour à Londres

Dans trois jours, un dîner à Londres avec une amie que je n’ai pas vue depuis plus de vingt-cinq ans. À l’époque, elle m’avait initiée au Londres chic. Elle vivait à Notting Hill ; je partageais un appartement à King’s Cross, alors encore mal famé, et je rentrais souvent à pied, faute de pouvoir m’offrir un taxi. On faisait les quatre cents coups, on riait sans compter.

Elle a réservé BiBi pour nos retrouvailles. Officiellement, le séjour est ponctué de réunions. En réalité, le voyage commence à cette table. Sophie, 39 ans, Développeuse

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