InterContinental Bangkok : une nuit qui change les standards

J’avais des attentes. Peut-être trop. Un palace au cœur de Bangkok, station BTS à portée de main, piscine sur le toit dont j’avais vu les photos cent fois. On arrive toujours avec une image en tête. Et puis la réalité arrive, et elle fait mieux que la brochure. C’est rare. L’hôtel de luxe à Bangkok que je recommande sans hésitation, c’est lui. Je vais vous expliquer pourquoi, et aussi ce qui m’a un peu agacée, parce que la transparence, c’est la base.

L’emplacement qui change tout

L’InterContinental Bangkok est posé au 973 Phloen Chit Road, dans le quartier Chit Lom. Ce n’est pas anodin. La station BTS Chit Lom est littéralement en face. Pas à cinq minutes à pied, pas « accessible facilement ». En face. Ça change tout pour Bangkok, ville où la chaleur peut transformer le moindre déplacement en épreuve physique.

Autour, Central World, Gaysorn Plaza, Siam Paragon. Si le shopping de luxe est au programme, vous ne sortirez jamais du quartier. Chanel, Hermès, Gucci — tout est là, à deux rues. C’est presque trop pratique. J’ai résisté. Presque.

Pour les temples, le Grand Palais ou Wat Pho, comptez une vingtaine de minutes en BTS et tuk-tuk. Rien d’insurmontable. Le Bangkok moderne et traditionnel se rejoint très facilement depuis cet emplacement central.

Lobby contemporain de l'InterContinental Bangkok Phloen Chit
Lobby contemporain de l’InterContinental Bangkok Phloen Chit

La junior suite, chambre par chambre

On nous a installées dans une junior suite. Le majordome a apporté les bagages pendant qu’on ouvrait les rideaux. Mauvaise idée. Enfin, bonne idée, mais on a perdu vingt minutes à regarder la ville à nos pieds avant de défaire les valises.

La chambre est décorée sur des tons verts et crème. Calme, élégant, sans en faire trop. Coin salon distinct, grand bureau, king size avec une literie qui justifie à elle seule le prix de la nuit. La salle de bain offre baignoire et douche séparées, double vasque; les détails qui font la différence quand on voyage à deux et qu’on ne veut pas se disputer pour le miroir à 7h du matin.

L’isolation phonique est sérieuse. Bangkok gronde dehors. Dans la chambre, on n’entend rien. La climatisation est silencieuse et précise. On a vraiment dormi. Profondément. C’est la chose la plus sous-estimée dans les avis hôteliers, et c’est pourtant le critère numéro un.

Junior suite de l'InterContinental Bangkok décoration tons verts
Junior suite de l’InterContinental Bangkok décoration tons verts
Salon de la suite InterContinental Bangkok
Salon de la suite InterContinental Bangkok

La piscine rooftop, honnêtement

Oui, il y a une piscine sur le toit. Je sais que vous voulez qu’on en parle. Elle est au dernier étage, accessible jusqu’à 22h. C’est l’horaire clé. Allez-y en fin de soirée. Les buildings autour s’allument, la ville prend une autre couleur, et cette eau qui semblait presque fraîche en plein soleil devient la chose la plus agréable au monde.

Ce qui est vraiment bien pensé, c’est le bar dans l’eau. Des tabourets sont installés directement dans le bassin, autour du comptoir. On commande un cocktail les pieds dans la piscine, avec la skyline de Bangkok en fond. C’est exactement aussi ridiculeusement parfait que ça en a l’air.

Piscine extérieure de l'InterContinental Bangkok
Piscine extérieure de l’InterContinental Bangkok
Piscine rooftop InterContinental Bangkok vue sur Siam
Piscine rooftop InterContinental Bangkok vue sur Siam

La vue depuis le 31e étage est bluffante, de jour comme de nuit. Si vous n’avez qu’une heure à consacrer à ne rien faire, c’est là que vous la passez. Les rooftops d’hôtels que j’ai testés, j’en ai vu beaucoup. Celui-là figure dans mon top personnel.

Le restaurant Theo Mio, ma vraie surprise

Je vais vous faire un aveu. Je fuis les restaurants d’hôtel. Systématiquement. J’arrive quelque part, je cherche d’abord le resto du coin, l’adresse sans enseigne, le bouche-à-oreille local. Bangkok est une ville de street food et de tables cachées. Pas besoin de rester dans le lobby.

Et pourtant. Le Theo Mio m’a eue.

Né de l’expertise du chef Theo Randall, le restaurant s’est installé au rez-de-chaussée de l’hôtel. Façade en verre audacieuse, terrasse avec des topiaires, touches turquoise qui vibrent au soleil. À l’intérieur, ficus géants, sol en damier noir et blanc, salamis suspendus. C’est une cucina italienne moderne, chic et lumineuse. Les banquettes cloutées sont ultra-confortables. La cuisine ouverte transforme chaque plat en petit spectacle.

Je n’étais pas venue chercher des pâtes en Asie. J’y suis retournée deux fois de suite. C’est une vraie claque gastronomique, et je l’admets sans honte.

Le petit-déjeuner buffet

Je suis en général assez blasée des buffets. Trop de choix tue le choix, et la plupart du temps on finit avec la même assiette ennuyeuse. Pas ici. Le lobby se transforme le matin en quelque chose d’assez impressionnant. Japonais, thaï, continental, chinois, oriental — sucré, salé, œufs poêlés ou pochés ou en omelette à la minute, jus de fruits qu’on ne boit pas d’habitude. C’est le genre de petit-déjeuner qui reporte d’une heure le départ pour les temples.

Petit-déjeuner buffet InterContinental Bangkok
Petit-déjeuner buffet InterContinental Bangkok
Sélection buffet petit-déjeuner InterContinental Bangkok
Sélection buffet petit-déjeuner InterContinental Bangkok
Brunch buffet de l'InterContinental Bangkok saveurs asiatiques
Brunch buffet de l’InterContinental Bangkok saveurs asiatiques

Le spa et le wellness

Je ne l’ai pas testé. C’est dit. La carte de soins était belle, l’espace semblait bien conçu, l’ambiance depuis l’entrée donnait envie. Mais on avait une ville à explorer et pas assez de jours pour tout faire. Je ne vais pas vous raconter un spa que je n’ai pas vécu.

Ce que j’ai vu suffit à me convaincre que c’est sérieux. Massages thaïlandais, soins corps et visage, hydrothérapie. Pour les voyageuses qui organisent un séjour spa à Bangkok, cet hôtel a clairement les installations pour le justifier. Prévoyez une demi-journée minimum et réservez avant d’arriver.

Ce que j’ai moins aimé

Pas de club enfants. Si vous voyagez en famille avec de jeunes enfants, c’est une vraie limite. L’hôtel n’est pas vraiment pensé pour les petits. C’est assumé, d’ailleurs : la clientèle cible est clairement business et couples. Ce n’est pas un défaut en soi, mais ça mérite d’être dit clairement.

L’eau de la piscine m’a aussi semblé un peu froide en plein soleil de la journée. Rien de rédhibitoire, mais j’avais imaginé quelque chose de plus enveloppant. Le soir, par contre, c’est parfait : la température ambiante fait tout le travail.

Tarifs, réservation et conseils pratiques

Les tarifs oscillent entre 160 et 380 USD la nuit selon la catégorie et la période. La Classic Room démarre autour de 220 USD en haute saison. La junior suite monte sensiblement. Pour les meilleures offres, réservez 3 à 6 mois à l’avance, surtout pour les fêtes de fin d’année ou les vacances scolaires françaises.

La meilleure période pour Bangkok se situe de novembre à février. Chaleur supportable, ciel dégagé, pas de mousson. Évitez septembre — le mois le plus pluvieux de l’année. Le transfert depuis l’aéroport Suvarnabhumi coûte environ 3 700 THB en navette hôtel. Le BTS depuis l’aéroport reste la solution la plus rapide aux heures de pointe.

À savoir avant d’arriver

Quelques détails pratiques qui évitent les mauvaises surprises. Le check-in se fait à partir de 15h, le check-out à midi — pas d’exception observée de notre côté, même en demandant poliment. La piscine ouvre à 7h et ferme à 22h, ce qui laisse largement le temps d’une session de nuit après le dîner. Pour les restaurants gastronomiques, la tenue correcte est attendue : exit les sandales de plage et les shorts. Le valet est disponible si vous avez loué une voiture. Et le coffre-fort de la chambre est franchement bien dimensionné — un ordinateur portable rentre sans forcer, ce qui n’est pas toujours le cas dans les palaces.

Adresse complète : 973 Phloen Chit Road, Lumpini, Pathum Wan, Bangkok 10330, Thaïlande. Réservations : site officiel IHG InterContinental Bangkok.

Lobby de l'InterContinental Bangkok quartier Chit Lom
Lobby de l’InterContinental Bangkok quartier Chit Lom

Le mot de Christel

L’InterContinental Bangkok, c’est le genre d’adresse qui réconcilie avec les grandes chaînes hôtelières. On s’attend à de l’impersonnel, à du standard cinq étoiles sans âme. Et on tombe sur un palace qui sait exactement ce qu’il fait. Le Theo Mio m’a surprise. La piscine m’a retenue. La suite m’a vraiment reposée. Ce n’est pas une déconnexion totale, Bangkok gronde juste derrière les fenêtres, mais c’est un refuge urbain que je recommande sans réserve à quiconque veut du luxe à Bangkok sans chichi.

Dans le Club Jet-Lag, vous trouverez mes adresses complémentaires à Bangkok : le resto de street food qui mérite le détour à deux minutes de l’hôtel, le quartier à explorer à pied le matin tôt, et mon itinéraire 48h pour combiner palace et Bangkok authentique.

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