On a sauté le pas. Montréal, Griffintown, le Saint-Laurent. Un an plus tard, voici ce que je pense vraiment.
Cela fait un an qu’on s’est installés à Montréal. Julien, mon conjoint, ingénieur informatique, a été muté à Mirabel. J’ai décidé de le suivre. J’ai quitté mes jobs de journaliste en France pour débarquer dans la belle province. On habite une maison à Lassalle dans la banlieue de Montréal. Et j’ai décidé de continuer Jet-lag Magazine depuis ici.
Voilà pour le contexte. Maintenant, le vrai bilan.
Ce qui m’a le plus marquée en arrivant
Les sourires. C’est la première chose. Les gens dans la rue sourient. Un vrai contraste avec la morosité française. C’est énergisant. Ça fait du bien d’être entourée de gens dans un état d’esprit positif.
Le dynamisme professionnel. En France, en tant que journaliste, c’est un métier où tu t’en prends plein la gueule matin, midi et soir. Les rédac chefs, les collègues, les recruteurs, les chargés de com, le public. J’en étais à un tel point de désespérance que j’avais laissé tomber mes projets. En arrivant au Québec, j’ai entendu pour la première fois que j’avais un super parcours. Que savoir écrire en SEO, c’était une vraie compétence. Ce déclic psychologique a tout changé.
La société. Ici, pas de Pascal Praud qui déverse sa haine en continu. Les Noirs et les Blancs se mélangent. Les cultures se mixent. En ville, tu entends de l’espagnol, du russe, du chinois, du japonais, du français. Un food market sur la Chine ou le Japon, une expo africaine. C’est vraiment cool.
Ce que j’aime moins
Les routes. C’est mon premier point négatif. Et de loin. J’ai une peur : me déboîter une vertèbre tellement ça secoue. Pas de rond-points. Des feux tous les dix mètres. Tu attends comme un idiot que ça passe au vert. Le réseau routier français me manque terriblement, et je n’aurais jamais cru écrire ça un jour.
Le lait. Il n’y a pas ou très peu de lait UHT. Du lait frais uniquement. Au bout de trois jours dans le frigo, il a tourné. Rageant. Et le fromage coûte un bras. Un camembert Président à 6 euros en promo. Moi qui raffole du fromage, j’ai dû arrêter.
Les fenêtres sans volets. Inspiré du modèle anglais. Résultat : Eéveillée tous les matins aux aurores. Et dans les salles de bain, les toilettes sont intégrées. Pas désagréable, mais dépaysant.
Le système médical. Ça fait huit mois qu’on a tous les documents de la sécurité sociale canadienne et on n’a toujours pas de médecin attitré. J’ai attrapé une gastro que je n’arrive pas à soigner. En France, j’aurais déjà vu un généraliste. Ici, tu vas à la pharmacie et tu payes cher. Mieux vaut ne pas être malade quand tu t’installes.
Les démarches pour s’installer
On est venus dans des conditions privilégiées — l’entreprise avait un cabinet d’avocats expert en immigration. Ça a rendu les choses beaucoup plus fluides.
La douane reste le moment le plus stressant. C’est là qu’on vous remet le visa. Nous, on a attendu 2h30. Certains amis ont patienté 4 à 6 heures. C’est là qu’on vous ouvre ou non le marché du travail.
Pour les démarches essentielles : Contrat de travail signé, numéro d’assuré social québécois, carte d’assurance maladie. Prévoir aussi une attestation d’affiliation à la santé de votre pays d’origine en attendant. Les séances d’information des services d’immigration sont utiles. Gratuit et bien organisé.
Ce qu’on a découvert
Depuis notre arrivée, on a eu la chance d’explorer la province. Sainte-Anne-de-Beaupré, le Parc de la Mauricie, La Malbaie, Tadoussac, la Gaspésie, le Nouveau-Brunswick.
Le Québec est immense et beau. Les forêts, les lacs, les chutes d’eau. Et l’hiver, il paraît que si tu le survis, tu as de grandes chances de rester. J’ai survécu. On est toujours là.
Montréal ou Québec ?
Montréal pour la vie culturelle, le dynamisme, la diversité, les opportunités professionnelles, les transports. C’est une vraie métropole cosmopolite. Les meilleurs restaurants de Montréal valent le détour.
Québec pour le calme, le charme européen, les pavés du Vieux-Québec, la nature à portée. Le coût de la vie y est un peu moins élevé. Et l’ambiance est différente, plus tranquille. Pour ma part, ma préférence est clairement affichée.
Malgré tout, j’adore ma vie ici
Le respect pour la nature. La culture française ultra présente. Le fameux « Je me souviens » sur les plaques d’immatriculation. La fierté de cette identité construite depuis plus de quatre siècles.
Et puis, reprendre confiance en soi. Voir les choses autrement. Juger par soi-même. C’est ce que Montréal m’a offert.
Photos de la nouvelle France






Bonjour
Merci pour cet article très détailler serait-possible de discuter avec vous ? mon mari , moi même et mes trois enfants souhaitons partir vivre 1 an au Quebec .
Et pouvoir discuter avec quelqu’un qui se trouve déjà là-bas serait super .
Merci
Bien sur, avec grand plaisir. Je comprends parfaitement votre demande ayant été il n’y a pas très longtemps dans le même cas.
N’hésitez pas à me poser vos questions, j’y répondrai de mon mieux. Bonne journée