Les meilleurs repas en avion : mon classement après des années de vols

Un steward qui pose une assiette de homard devant moi à 10 000 mètres. J’ai regardé à droite, à gauche. Personne n’avait l’air surpris. C’était Emirates. Première classe. Le genre de moment où l’on oublie complètement qu’on est dans un avion, suspendue entre deux continents avec une coupe de Krug dans la main droite. Depuis, j’ai mangé dans des dizaines de cabines différentes. Le bon, le très bon, et quelques plateaux que je préfère oublier.

Ce que j’ai compris avec le temps, c’est que le repas en avion dit tout d’une compagnie. Il raconte son niveau d’exigence, sa philosophie du service, son respect réel du passager. Pas juste les brochures marketing. Le vrai.

Voici mon classement personnel. Subjectif, assumé, basé sur des vols réels.

Pourquoi le repas en avion change vraiment le voyage

On sous-estime le plateau repas. À tort. Sur un long-courrier de dix heures, la nourriture en avion structure le temps, crée une rupture dans la monotonie de la cabine, donne un rythme à quelque chose qui n’en a naturellement aucun.

Il y a aussi une vraie dimension physiologique. La pressurisation de la cabine modifie la perception des goûts. On perçoit moins le salé, moins le sucré. Les chefs qui travaillent pour les grandes compagnies le savent. Ils ajustent les assaisonnements en conséquence. Ce n’est pas une anecdote. C’est un vrai travail de recherche.

Et puis franchement, quand on a payé un billet en première classe avion ou en classe affaires, l’expérience culinaire fait partie du contrat. Si le plateau repas est décevant, tout le reste l’est un peu aussi.

Repas en avion servi en première classe avec présentation gastronomique
Repas en avion servi en première classe avec présentation gastronomique

Mon classement des meilleures compagnies pour manger en vol

J’ai volé avec toutes les compagnies citées ici. Certaines plusieurs fois. Ce classement n’est pas un copié-collé de rapport sectoriel. C’est ce que j’ai mangé, ce que j’ai aimé ou pas, ce dont je me souviens encore.

Emirates : le plateau comme une table étoilée

Emirates reste, pour moi, la référence absolue en matière de repas en avion. En première classe, le service se fait à la demande, comme au restaurant. Pas de plateau fixe, pas d’heure imposée. On commande quand on veut, ce qu’on veut, parmi un menu de sept plats servis sur de la porcelaine Royal Doulton avec des couverts Robert Welch.

Les menus s’inspirent des cuisines régionales du monde entier et changent régulièrement. Les vins sont choisis avec soin. Sur l’A380, les passagers de première classe Emirates peuvent même se retrouver au bar à l’arrière pour grignoter quelque chose entre deux films. Ce détail dit tout.

En classe affaires, c’est un cran en dessous mais encore très au-dessus de la moyenne du secteur. Les boissons chaudes arrivent régulièrement sans qu’on ait besoin de sonner. Petit plaisir.

Singapore Airlines : la régularité au sommet

Ce que j’aime chez Singapore Airlines, c’est la constance. Quel que soit le vol, quelle que soit la classe, la qualité est au rendez-vous. La compagnie travaille avec des chefs étoilés au Michelin depuis longtemps, bien avant que cela devienne une tendance du secteur.

La fonctionnalité « Book the Cook » est géniale. Elle permet de choisir son plat principal gastronomique au moins 24 heures avant le départ. Je l’ai utilisée sur un Singapour-Paris. J’avais réservé un rendang d’agneau. À l’arrivée dans l’assiette, c’était exactement ce que j’attendais. Chaud, parfumé, pas réchauffé à mort.

En classe économique, Singapore Airlines fait aussi mieux que les autres. Les hors-d’œuvre sont soignés. Pour une économique, c’est notable.

Qatar Airways : quand les chefs Michelin montent à bord

Qatar Airways a eu l’intelligence de recruter quatre chefs de niveau international pour concevoir ses menus : Nobu Matsuhisa, Tom Aikens, Ramzi Choueiri et Vineet Bhatia. Ils ont travaillé des mois à reformuler leurs spécialités pour la cabine, en tenant compte de la modification des papilles à 30 000 pieds d’altitude.

Le résultat en business class Qatar Airways est remarquable. Les sauces ont du corps malgré la pressurisation. Les desserts sont vrais. Et le service est d’une fluidité rare. J’ai fait Paris-Doha une fois en business. J’ai mangé deux fois tellement c’était bon.

La compagnie propose aussi une carte pour les passagers de Qatar Airways en première classe, avec des plats à la carte et un service encore plus personnalisé.

Plateau repas en avion Turkish Airlines business class avec entrées raffinées
Plateau repas en avion Turkish Airlines business class avec entrées raffinées

Turkish Airlines : le chef volant qui surprend

Turkish Airlines m’a surprise. Vraiment. En classe affaires sur les longs-courriers, un chef est présent à bord. Pas un réchauffeur de plats. Un cuisinier. Il accueille les passagers à la porte de l’avion. Il prépare, il finit les plats à la demande. C’est un concept original que très peu de compagnies osent.

Les entrées sont inspirées de la gastronomie turque. Artichaut, œufs d’olive, bœuf grillé avec aubergine crémeuse. Du vrai, du généreux. Sur les vols intérieurs courts en Turquie, une collation et une boisson sont systématiquement offertes. C’est un détail. Mais dans un secteur où les compagnies suppriment les boissons en court-courrier, c’est une vraie différence.

Cathay Pacific : l’Asie dans l’assiette

Cathay Pacific a eu une idée simple mais brillante. Mettre un cuiseur de riz à bord. Du riz fraîchement cuit à la vapeur, des œufs préparés selon les goûts du passager, du pain grillé chaud. En première classe, c’est disponible à n’importe quel moment du vol.

Les plats signatures sont une célébration de la cuisine de Hong Kong. Porc cuit lentement, poulet frit au wok avec haricots noirs, crevettes au curry. Les présentations sont soignées, les portions honnêtes. Ce n’est pas le luxe ultra-personnalisé d’Emirates, mais la qualité est constante et l’identité culinaire réelle.

Air France : le prestige français à 10 000 mètres

Air France joue la carte de la gastronomie française, évidemment. Tous les six mois, un chef français de renommée nationale prend en charge les menus long-courriers depuis Paris. Les menus changent ensuite tous les dix jours. En pratique, ça donne une diversité réelle sur l’année.

La vaisselle en porcelaine, les saveurs soignées, le service attentionné à bord. Air France a une vraie identité gastronomique. Elle n’atteint pas le niveau des compagnies du Golfe en termes de personnalisation, mais en long-courrier classe affaires, l’expérience est franchement agréable. J’ai mangé de meilleurs repas sur Paris-Montréal qu’à certains bistrots parisiens.

Swiss International Air Lines : la Suisse dans chaque bouchée

Swiss Airlines a construit son programme gastronomique autour d’une idée forte. Chaque trimestre, une région de Suisse différente inspire les menus. C’est le programme « Taste of Switzerland ». Les chefs sélectionnés sont parmi les meilleurs du pays. Les plats de première classe peuvent inclure un filet de bœuf avec purée au bacon et fromage local, accompagné d’un vin régional.

Ce que j’aime ici, c’est la cohérence du concept. Le vin vient de la région du chef du trimestre. Les fromages aussi. C’est une narration culinaire, pas juste un menu. Le genre de détail éditorial qu’on ne voit pas souvent dans la restauration aérienne.

Etihad Airways : Abu Dhabi gastronomique

Etihad recrute ses chefs parmi les restaurants étoilés au Michelin du monde entier. L’objectif affiché est de dépasser l’expérience d’un restaurant cinq étoiles à bord. C’est ambitieux. Pas toujours atteint à cent pour cent, mais largement au-dessus de la norme.

Le menu Mezoon Grille en première classe propose du bœuf, de l’agneau, des fruits de mer. Les sauces sont délicates. Les portions sont généreuses, ce qui est rare en haut de gamme aérien. En classe économique, Etihad surprend aussi. L’investissement dans la qualité descend jusqu’au fond de l’avion.

Air New Zealand : les saveurs du bout du monde

Air New Zealand mise sur les produits locaux néo-zélandais. Fruits de mer frais, kiwi, miel, patate douce. Des ingrédients qu’on ne trouve pas souvent dans un repas en avion et qui donnent une vraie identité aux menus. La vaisselle est élégante, conçue spécifiquement pour la compagnie.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le bar en libre-service entre les repas. Des boissons, des collations, accessibles à tout moment. Sur un Auckland-Los Angeles de douze heures, c’est une vraie attention. On ne rentre pas affamé ou assoiffé.

Austrian Airlines : le détail viennois

Austrian Airlines travaille avec DO & CO, une entreprise de restauration haut de gamme présente à Vienne, Londres et New York. Le niveau est sérieux. En classe affaires, un sommelier est même présent à bord pour conseiller les combinaisons vins-plats. Ce n’est pas standard dans le secteur.

La carte café propose onze variétés de café autrichien Meinl. Onze. Sur un plateau d’avion. Austrian Airlines a compris que les petits plaisirs du quotidien comptent autant que les grands moments gastronomiques.

British Airways, pour ma part, ne mérite pas une place dans ce top 10. J’ai volé une fois avec eux. Ce n’était pas désagréable. Mais rien de mémorable. Dans un classement subjectif, la neutralité ne suffit pas.

Ce qui fait vraiment la différence dans un repas en avion

Après toutes ces années, j’ai identifié trois facteurs qui séparent les bons repas en avion des excellents.

La personnalisation d’abord. Pouvoir commander à la carte, choisir son heure de repas, exprimer une préférence. Emirates et Singapore Airlines sont les meilleures là-dessus. Quand le service suit un protocole rigide avec une heure fixe pour tout le monde, c’est déjà moins bien.

La vaisselle ensuite. Je sais, ça paraît superficiel. Mais manger dans une assiette en porcelaine change physiquement la perception du goût. La température se maintient mieux. La présentation est plus soignée. C’est de la psychologie alimentaire, pas du snobisme.

Et la cohérence entre les classes. Les compagnies qui réservent tous leurs efforts à la première classe en oubliant l’économique me déçoivent. Singapore Airlines et Etihad font partie des rares à maintenir un niveau respectable dans toutes les cabines.

Mes conseils pour bien manger en vol

Un secret que peu de gens connaissent. Sur la plupart des grandes compagnies, les repas spéciaux commandés à l’avance sont souvent meilleurs que les menus standards. Un repas végétarien VGML, méditerranéen, ou fruit de mer SFML est préparé séparément, souvent en plus petite quantité, et arrive parfois avant tout le monde. C’est valable même en classe affaires.

Il faut les réserver au moins 24 heures avant le départ, parfois 48 heures selon la compagnie. L’information se trouve sur les sites officiels dans la section gestion de réservation.

Côté boissons, je limite l’alcool en vol. Pas par vertu. L’air sec de la cabine déshydrate rapidement et l’alcool accentue le phénomène. Une coupe de champagne à l’embarquement, oui. Trois verres de rouge pendant le repas, non. L’arrivée s’en ressent.

Et enfin, sur les vols de nuit, je préfère systématiquement manger juste après le décollage puis dormir. Pas de plateau repas au réveil artificiel à 3h du matin. Le corps s’en remet plus facilement au fuseau horaire de destination.

Pour tout ce qui concerne l’organisation du vol lui-même, j’ai aussi écrit sur les règles non-dites à respecter en avion et sur comment voyager en A380 pour en profiter au maximum.

Le mot de Christel

Si je devais choisir une seule compagnie pour son repas en avion, je prendrais Emirates en première classe les yeux fermés. Pas parce que c’est le choix évident. Parce que c’est la seule fois où j’ai vraiment oublié que j’étais dans un avion. Le homard, la porcelaine, le bar à l’arrière du 380. On n’est plus en transit. On est quelque part.

Dans le Club Jet-Lag, je partage mes comptes-rendus complets vol par vol, avec les plats commandés, les vins servis et ce qui vaut vraiment le surclassement selon les routes.

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