Il y a les stations de ski qui ressemblent à des zones commerciales avec de la neige. Et il y a Vaujany. Village de 340 âmes perché dans l’Oisans en Isère, c’est la station de ski familiale des Alpes qui n’essaie pas de vous séduire. Elle y arrive quand même. Facilement.
Moi qui ne suis pas skieuse — j’assume, sans complexe —, je suis repartie là-haut avec une envie folle de revenir. C’est dire beaucoup.

Arriver à Vaujany, ça se mérite
On ne tombe pas sur Vaujany par hasard. Il faut vouloir y aller. La route grimpe en lacets serrés, à travers des tunnels creusés dans la roche. Ces passages rappellent une histoire mouvementée. Le site était autrefois réputé pour ses avalanches dévastatrices.
Aujourd’hui, tout ça est loin. Parfaitement sécurisé, le village s’étage sur quatre niveaux. En bas, un lac qui scintille. En haut, les pistes et les télécabines. Autour, des chalets enneigés, de l’authenticité et aucun béton en vue.

Un domaine skiable à la hauteur au sens propre
Vaujany fait partie du grand domaine de l’Alpe d’Huez. Mais la municipalité a choisi de tracer sa propre voie. Investissements dans les remontées, construction de pistes indépendantes, snowpark flambant neuf. Une indépendance revendiquée, plutôt classe.
La télécabine flambant neuve vous propulse au sommet à plus de 3 300 mètres. Là-haut, l’Alpe d’Huez se dessine en contrebas. Les Deux Alpes apparaissent au loin. Le massif du Vercors encore plus loin. Benjamin, moniteur à l’ESF Vaujany, rigole : « D’ici, en été comme en hiver, on voit la moitié de la France. » Facile d’y croire.

Le taxi-ski, ou comment dévaler les pistes sans skier
Non skieuse, j’avais besoin d’une solution alternative. Benjamin avait la réponse. Un traineau fixé sur des skis — le fameux taxi-ski — valant à lui seul plus de 5 000 euros. Je m’installe. Je ne bouge pas. Et je profite.
Paraît simple. Ça ne l’est pas. Tenir son centre de gravité dans les virages, gérer le poids, anticiper la neige… Benjamin maîtrise tout ça avec une aisance déconcertante. Moi, je contemple. C’est aussi une forme de talent.
La poudreuse fraîchement tombée cette nuit-là rendait les conditions parfaites. Idéal pour le ski alpin, le snowboard, les raquettes, le ski free ride. Et pour le taxi-ski, évidemment.
80 km/h et j’en redemandais
Quelques virages en douceur, puis Benjamin accélère. On frôle les 80 km/h. Je n’ai pas regardé de compteur. J’avais les yeux grands ouverts sur la montagne qui défilait.
« Vous n’avez pas peur ? Ça va ? » demande-t-il à une pause. Tout schuss, j’aurais voulu lui répondre. La neige recouvrait mon nez, le soleil réchauffait ma veste. J’en aurais redemandé. Ce qui, venant de moi, est sans doute le plus beau compliment possible.

Le taxi-ski, pour qui exactement ?
Benjamin résume mieux que moi. « C’est un super outil pour les non-skieurs, les personnes handicapées, les seniors qui veulent rejoindre leurs petits-enfants. On s’adapte, on emmène où vous voulez. » Voilà une station de ski familiale des Alpes qui pense vraiment à tout le monde.
Après la glisse, les plaisirs de la table

La montagne, ça creuse. Et ça tombe bien. Le restaurant Les Airelles attend au bout de la piste comme une récompense méritée. Grande cheminée, salle souterraine creusée dans la roche, assiettes généreuses. C’est bon, vraiment bon.
Pour le dîner, La Rémise se trouve juste à côté de la résidence. Plats du terroir revisités, ambiance chaleureuse. Les montagnards savent recevoir.

Où dormir à Vaujany
La résidence La Perle de l’Oisans mérite largement ses 4 étoiles. Appartements de plus de 80 m², coin cheminée, cuisine équipée, literie et linge fournis. La vue sur les pistes côté fenêtre. Le centre du village à quelques mètres à pied. On est à Vaujany, pas à Paris — pourtant, le confort est impeccable.
Le panier d’accueil montagnard réservait une surprise au arrivée. Saucisson, miel des alpages, fromage savoureux, confiture de myrtille. L’hospitalité ici, ce n’est pas un mot vide. C’est une tradition.

Après le ski, l’après-ski version bien-être
Vaujany ne mise pas tout sur les pistes. Le Spa de la Fare propose bains à remous et massages avec vue directe sur les sommets. Patinoire, piscine couverte chauffée, espace détente. Autant de bonnes raisons d’y passer quelques jours supplémentaires.
Le soir, la station propose même des dîners dans les télécabines. L’occasion de voir la montagne de nuit, pendant le damage des pistes. Une expérience qui reste gravée.
Vaujany en pratique
Pour se loger
La Perle de l’Oisans — résidence 4 étoiles en plein cœur du village. Appartements généreux, vue sur les pistes, personnel aux petits soins.
Pour manger
Sur les pistes — Les Airelles, restaurant d’altitude avec cheminée et salle souterraine. Cuisine généreuse, cadre unique.
Au village — La Rémise, à deux pas de la résidence. Terroir et convivialité.
Pour explorer la région
Vaujany est un point de départ idéal pour découvrir l’ensemble du massif. Retrouvez nos autres escapades dans les meilleures stations de ski des Alpes et nos idées pour profiter de la montagne sans skier.
Pour tout savoir sur le domaine, rendez-vous sur le site de l’Oisans et celui de Vaujany.
Le mot de Christel
Vaujany m’a réconciliée avec la montagne.
Je suis arrivée en non-skieuse assumée. Je suis repartie en non-skieuse comblée. Ce n’est pas rien. Il y a quelque chose dans ce village qui ne cherche pas à en faire trop. Ici, la montagne est simplement là, immense, honnête, généreuse.
Le taxi-ski à 80 km/h sur la poudreuse. Le panorama depuis le sommet. Le panier de bienvenue avec le miel des alpages et le saucisson de montagne. L’hospitalité ici n’est pas un service. C’est un réflexe.
Envie d’aller plus loin ? Dans la version réservée aux membres du Club Jet-lag, je partage mes adresses confidentielles de l’Oisans, mes conseils pour un séjour parfait skieurs-non-skieurs, et la liste des expériences insolites que les offices de tourisme ne mentionnent jamais.
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