Nicolas Cabos, l’auteur qui voyage avec John Ford en tête

Rencontre avec Nicolas Cabos, cinéphile et voyageur. Il y a des gens qui voyagent pour fuir. Nicolas Cabos, lui, voyage pour retrouver quelque chose. Une image vue à six ans, devant la télé de ses grands-parents à Colomiers. Un film de John Ford. Depuis, il n’a jamais vraiment quitté l’Ouest américain.

Cet auteur toulousain vient de publier John Ford et les Indiens aux Éditions Séguier, écrit avec Arnaud Balvay. Un livre qui remet à l’honneur les grands oubliés des biographies du cinéaste. Les Navajos. Une petite merveille visuelle, bourrée d’images d’archive et d’un récit qui se dévore. J’ai adoré, je le dis tout net.

Nicolas Cabos auteur de John Ford et les Indiens

Scénariste, écrivain, professeur de cinéma. Cabos pourrait vous réciter le casting des vingt plus grands westerns sans hésiter. Chaque plan, chaque décor, chaque choix de tournage, il les connaît par cœur. Sa passion ne s’explique pas, elle se vit. Et elle déteint sur sa façon de voyager.

Pourquoi Monument Valley fait rêver Nicolas Cabos

Sa destination préférée ? La question le fait presque sourire. Pouvait-il répondre autre chose que Monument Valley ? Pour lui, c’est l’endroit le plus beau du monde. Point.

« C’est donc ici que Dieu a placé l’Ouest », disait John Ford. La terre sacrée des Navajos lui met encore des étoiles plein les yeux. On comprend mieux quand on sait combien de chefs-d’œuvre y ont été filmés. D’ailleurs, si le sujet vous attrape, allez voir les films qui ont façonné Monument Valley. La liste est vertigineuse.

Trip Interview de Nicolas Cabos
Trip Interview de Nicolas Cabos

Ce qui le tente ensuite ? L’Argentine. L’Amérique du Sud en général. Le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Antarctique aussi, même si la destination reste confidentielle. Et puis toutes les grandes villes européennes. On oublie souvent les beautés posées juste à côté de chez nous.

Pour aller plus loin que la carte postale, je vous glisse aussi ce que cache vraiment Monument Valley. Parce qu’un décor de cinéma, c’est d’abord une terre habitée.

Les bonnes adresses voyage de Nicolas Cabos

Son hôtel coup de cœur dans l’Ouest américain

Le Goulding’s Lodge, à Monument Valley. Forcément. Sur les équipements, il reste pragmatique. Tout dépend où l’on va. Il a très bien dormi sur un banc de pierre dans les dunes du sud marocain. Mais bon, un minimum de confort, ça ne se refuse pas.

Ce qu’il glisse toujours dans sa valise

Plusieurs livres. Et une trousse à pharmacie capable de faire pâlir le mieux achalandé des apothicaires. Parce qu’en voyage, il mange toujours local. C’est un principe. D’où la trousse, justement.

Il embarque aussi ses fameux road-books. Des carnets où il compile les adresses dénichées dans les guides. Se documenter avant n’atténue rien, au contraire. Ça fait monter le désir de l’ailleurs. Voilà une méthode que j’approuve à mille pour cent.

Sa devise de voyageur

« Quel bonheur ! » Plus qu’une devise, un leitmotiv. Il part toujours avec un mélange d’angoisse et d’envie. Confiant sur la destination, parce qu’il l’a choisie. Pourquoi s’inquiéter, alors ?

Sa chose la plus étrange vue en voyage mérite le détour. Un groupe de bikers dans la Vallée de la mort. Tous sur leurs Harley, entre le cuir de L’Équipée sauvage et la coolitude d’Easy Rider, à deux pas du Zabriskie Point d’Antonioni. Et ils écoutaient Le Petit Bonhomme en mousse à fond. Le genre de scène qu’aucun scénariste n’oserait écrire.

Son prochain voyage ? Il espère Monument Valley, l’Arizona, la Californie. Pour prolonger le travail du livre dans un documentaire. Retourner parler avec les Navajos. C’est prévu. Et il y a fort à parier qu’il y retournera encore après ça.

Infos pratiques et autres rencontres

Le livre John Ford et les Indiens est disponible aux Éditions Séguier. Visuel du portrait : copyright Julien Zeitouni.

Vous aimez les voyageurs qui ont une histoire à raconter ? Suivez aussi le parcours de Camille, la blogueuse de L’Oiseau Rose, ou notre échange avec l’autrice Mélanie Girault. Et si l’envie d’un beau livre vous prend, voici un autre beau livre à glisser dans sa valise.

Le mot de Christel

Ce que j’aime chez Nicolas, c’est qu’il ne voyage pas pour ramener des photos. Il voyage pour vérifier une image gravée dans sa tête depuis l’enfance. Monument Valley n’est pas une destination pour lui. C’est un pèlerinage. Et ça change tout. On ne regarde plus jamais un paysage de la même façon quand on sait pourquoi on y est venu.

Dans le Club, je partage mon propre itinéraire dans l’Ouest américain. Les adresses testées, les erreurs à éviter, les coins où la lumière fait tout. Loin des sentiers balisés.

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