Voyage en République Dominicaine : 15 jours loin des clichés de Punta Cana

La deuxième fois qu’on part quelque part, on croit tout savoir. On a tort. Mon premier voyage en République Dominicaine m’avait donné un aperçu du pays. Le deuxième m’a donné le pays lui-même. Quinze jours, sept étapes, zéro resort tout-inclus. Résultat : j’ai complètement changé d’avis sur cette destination que beaucoup réduisent à Punta Cana et à ses plages bordées de buffets.

Ce voyage en République Dominicaine commence à Santo Domingo et se termine à Bocachica, en passant par Las Terrenas, la péninsule de Samaná, Las Galleras et la côte nord. Voici l’itinéraire complet, les adresses honnêtes, et tout ce que je n’aurais pas su sans y être allée deux fois.

Vue aérienne de la côte nord de la République Dominicaine
La côte nord vue du ciel : rien à voir avec l’image que la plupart des gens ont de la RD

Pourquoi la République Dominicaine m’a surprise une deuxième fois

Après un été en Islande, j’avais besoin de chaleur. Pas d’aventure. Pas de défi. Juste du soleil, de l’eau turquoise et la permission de ne rien faire. Julien, lui, ne sait pas ne rien faire. Quelqu’un dans le couple devait trouver un compromis géographique. La République Dominicaine s’est imposée.

Ce que je ne m’attendais pas à trouver : un pays aux reliefs incroyables, une végétation tropicale dense, des habitants d’une générosité désarmante, et des coins absolument vierges de tourisme de masse. La RD, ce n’est pas qu’une plage. C’est aussi la plus haute montagne des Caraïbes, le Pico Duarte à 3098 mètres. Des mangroves classées au patrimoine mondial. Des lagunes roses. Des cascades que l’on rejoint à cheval.

La péninsule de Samaná à elle seule vaut le voyage. Mais j’anticipe.

L’itinéraire complet : 15 jours, 7 étapes

Nous n’avions pas tout réservé à l’avance. Certains hôtels se sont décidés en cours de route. C’était délibéré : la RD post-pandémie était calme, les hébergements disponibles, et cette liberté-là est rare. Voici comment les quinze jours se sont construits.

Santo Domingo : 2 jours

L’arrivée à l’aéroport, puis un Uber jusqu’au centre. Notre hôtel était tenu par un Français qui nous a immédiatement orientées sur les adresses du quartier colonial. Efficace. On s’est retrouvées dans la Zona Colonial avant même d’avoir défait nos valises.

La Zona Colonial de Santo Domingo est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce n’est pas un décor. C’est une ville vivante avec ses ruelles pavées, ses façades coloniales jaune et orange, ses concerts de rue le dimanche soir devant les ruines de San Francisco. On a assisté à l’un d’eux par hasard — le groupe Bonye, ambiance latine à fond. Le front de mer réaménagé offre une belle promenade au coucher du soleil. Ne pas rater le phare de Christophe Colomb à l’entrée de la ville.

Santo Domingo, c’est de l’histoire dans chaque pierre. Punta Cana, c’est de la plage dans chaque piscine. Ce n’est pas la même chose du tout.

Las Terrenas : 4 jours

Trois heures de bus depuis Santo Domingo avec Asotrapusa (départ à 6h du matin depuis l’entrée de la ville). On arrive en réalité un peu à l’extérieur de Las Terrenas. Il pleuvait des trombes. Un Uber pour finir le trajet.

Notre écolodge : le Pica de Flor. Tenu par un Italien et une Danoise. Grande terrasse, hamac, piscine, bungalow entouré de palmiers à deux pas de la mer. L’accueil est chaleureux sans être étouffant. C’est exactement le genre d’endroit que je cherche quand je voyage — du caractère, des hôtes qui aiment vraiment ce qu’ils font.

Las Terrenas est notre vrai coup de cœur de ce voyage. Petit village de pêcheurs devenu station balnéaire sans perdre son âme. Les plages sont longues, l’ombre des palmiers généreuse. Il y a des activités nautiques pour ceux qui veulent en faire, et de parfaits endroits pour ne rien faire pour les autres. Le premier soir, le ciel était en feu au coucher du soleil. Ce genre de lumière qu’on ne mérite pas vraiment mais qu’on prend quand même.

Coucher de soleil sur la plage de Las Terrenas, péninsule de Samaná
Ce coucher de soleil à Las Terrenas. La photo ne rend pas justice.

La péninsule offre aussi une cascade, El Limon, à 50 mètres de haut. Cinquante mètres de chute, une heure de marche ou un cheval selon l’humeur du jour. On a choisi le cheval. Mon postérieur s’en souvient encore. Pour la baie de Samaná, on loue un bateau à la journée avec un guide local : la péninsule de Samaná se mérite depuis l’eau. Ce bout de territoire est à part. Vallonné, un peu brut, avec des chemins qui finissent dans la mer. Rien à voir avec ce qu’on imagine en disant « Caraïbes ».

Las Galleras ; 4 jours

On rejoint Las Galleras en guagua. Seize personnes dans un minibus prévu pour dix. Je regarde défiler les champs de canne à sucre par la fenêtre. Un passager monte à chaque arrêt. On finit serrés comme des sardines. C’est parfait pour parler avec les locaux.

Las Galleras est un petit village côtier. Les plages autour sont sublimes : eau turquoise et cristalline, fonds marins somptueux, barrière de corail accessible en snorkeling. Pour les atteindre : excursion en bateau depuis le port (à négocier directement avec les pêcheurs) ou scooter avec une grosse heure de route dans la forêt tropicale. Entre les cocotiers, les bananiers et l’intensité du vert, on en prend plein les yeux.

C’est aussi depuis Las Galleras qu’on peut organiser une excursion au parc national Los Haitises. Comptez une journée complète.

Le parc national Los Haitises : journée

Los Haitises est comparé à la baie d’Halong, et pour une fois la comparaison n’est pas volée. Des îlots rocheux couverts de végétation dense, des mangroves labyrinthiques, des grottes ornées de pétroglyphes Taïno. Un sanctuaire de pélicans, perroquets et hérons marins. La biodiversité est stupéfiante.

Excursion au parc national Los Haitises, République Dominicaine
Le parc national Los Haitises — la baie d’Halong des Caraïbes, vraiment

Le parc couvre 1 600 km². On y va en bateau. Comptez entre 60 et 80 € pour l’excursion. L’une des choses les plus belles que j’aie vues dans les Caraïbes, sans hésitation. Ce n’est pas dans les brochures Punta Cana.

Cabrera et la côte nord : 2 jours

On récupère notre voiture de location à Las Terrenas et on prend la route vers Cabrera. Le trajet longe l’océan Atlantique. On s’arrête sur des plages qui n’ont pas de nom sur Google Maps. L’eau est turquoise et les fonds marins sont somptueux à chaque arrêt.

Sur la route, on s’arrête au Dudu Lagoon. Grosso modo : un immense jardin tropical avec une piscine naturelle, une tyrolienne, une grotte, un bar installé au bord d’un lac. Eau fraîche, poissons visibles, hammacs. Deux heures de farniente total. Juste à côté, le Blue Lagoon propose une alternative similaire.

Cabrera est une ville charmante, peu touristique, avec un marché vivant et des bars qui s’illuminent à Noël. Notre hôtel : le Château Tropical. Agréable, simple, bien situé. On s’est promenées dans le centre, on a bu des cocktails au rhum local (4 euros la bouteille, ce pays est sérieux), et on a dormi tôt pour reprendre la route le lendemain.

Nagua : 1 nuit

Étape de transition. Une nuit dans cette ville côtière sans prétention. On s’arrête dans un boui-boui au bord de la route pour manger. Un énorme poisson grillé et des brochettes de viande. Le genre de repas qu’on mange debout, les pieds dans le sable, pour quelques euros. Certains voyages ont ces moments-là que les photos ne capturent pas.

Bocachica : 1 jour (avant le vol)

Station balnéaire proche de l’aéroport et de Santo Domingo. On s’y est installées la veille du retour. Belle plage, ambiance détendue. Un seul couac : les cocktails coûtaient le double en journée et deux fois moins cher le soir. Arnaque locale ? Tarif touriste ? Je ne sais toujours pas. Méfiez-vous des prix en haute saison dans les lieux très fréquentés.

Se déplacer en République Dominicaine

C’est la vraie question pratique. Les routes sont globalement correctes sur les axes principaux. Les routes secondaires, elles, peuvent se transformer en pistes avec des nids-de-poule spectaculaires. Les villes sont parsemées de dos d’âne. On croise parfois des chevaux sur l’autoroute. Ne rigolez pas, c’est vrai.

Nous avons utilisé plusieurs modes de transport selon les étapes :

Le guagua privé : minibus pouvant transporter une dizaine de personnes. C’est le transport local par excellence. Bon marché, sociable, parfois serré. On adore.

La voiture de location : indispensable pour la partie nord et les routes secondaires. Préférez un 4×4, environ 60 € par jour. Vérifiez soigneusement le contrat et l’assurance avant de signer. Évitez de conduire la nuit : beaucoup de Dominicains roulent sans phares, en scooter, parfois à contresens.

L’Uber : fonctionne à Santo Domingo et dans les zones touristiques. Pratique à l’arrivée et au départ.

La monnaie locale est le peso dominicain (RD $). 1 € ≈ 60 RD $. Les distributeurs automatiques existent mais tombent souvent en panne. Retirez suffisamment quand vous en trouvez un qui fonctionne. Les paiements en dollars américains sont acceptés un peu partout. Payez en liquide autant que possible : les frais de carte bancaire sont prohibitifs sur place.

Budget pour 15 jours en République Dominicaine

Notre budget oscillait autour de 40 € par personne et par jour, hors vol. Confortable, sans se priver. Voici la décomposition :

Vol : nous sommes partis depuis Toulouse avec Ibéria, via Madrid. Environ 300 € par personne aller-retour. Depuis Paris, Air Caraïbes propose des vols directs pour Punta Cana.

Hébergement : entre 50 et 100 € la nuit pour des écolodges de qualité. Pica de Flor à Las Terrenas est dans cette fourchette, et il vaut chaque centime.

Restauration : 8 à 12 € par personne et par repas dans un bon restaurant. Les options de rue et de take-away descendent à 3 ou 4 €. On mange très bien et très simplement.

Excursions : 60 à 80 € pour Los Haitises. Les plages autour de Las Galleras en bateau : à négocier directement, souvent entre 20 et 40 €. El Limon en randonnée guidée : environ 15 €.

La cuisine dominicaine : ce qu’on ne vous dit pas

Marché de fruits tropicaux en République Dominicaine
Les marchés locaux débordent de fruits tropicaux à des prix dérisoires

Julien a découvert le mangù : purée de plantain vert aux oignons caramélisés. Il en a mangé presque tous les jours. On a aussi goûté le Bandera : haricots, viande mijotée, riz et frites de plantain qui est la base de la cuisine populaire dominicaine. Le riz accompagne tout, servi avec des haricots en sauce dans un ramequin à part.

Les langoustes, prendre la petite taille proposée dans les restaurants côtiers. C’est suffisant et moins cher. Le rhum local coûte une misère. Les cocktails (mojito, piña colada, margarita) tournent autour de 2,50 € dans les bars de plage. On n’a pas fait de régime.

Une chose à savoir : de nombreux Dominicains privilégient une agriculture locale raisonnée, au moins dans les établissements indépendants. C’est appréciable. Les marchés locaux débordent de bananes, mangues et fruits que je ne savais même pas nommer.

Où dormir en République Dominicaine : les adresses que j’ai testées

Oubliez l’image du grand resort Punta Cana pour ce type d’itinéraire. Ça n’est pas incompatible avec la RD : le Melia Punta Cana est d’ailleurs une belle option si vous cherchez l’all-inclusive de qualité mais ce n’est pas ce que ce voyage-là propose.

Pour un itinéraire comme le nôtre, les écolodges sont la meilleure option. Moins chers que les grands hôtels, souvent tenus par des expats passionnés, intégrés dans leur environnement. La qualité est inégale : vérifiez les avis récents avant de réserver.

Une mention spéciale pour l’Eco del Mar, dans le sud-ouest de la RD à Pedernales. Concept unique : dormir dans des tentes sur la plage de La Cueva, en bordure du parc national de Jaragua. Restaurant, bar, excursions en bateau vers les îles Beata et Alto Velo, plongée, paddle board. C’est une petite merveille pour les voyageuses qui aiment l’aventure sans renoncer au confort.

Pour les hôtels de luxe en République Dominicaine, le site en recense plusieurs que nous n’avons pas testés lors de ce voyage mais c’est clairement une option pour un futur séjour côté sud.

La République Dominicaine est-elle dangereuse ?

C’est la question que tout le monde pose. La réponse courte : non, pas particulièrement. La réponse honnête : comme partout, certaines zones à Santo Domingo demandent de la vigilance. Mais en quinze jours, nous n’avons jamais eu le moindre sentiment d’insécurité. Les Dominicains sont souriants, disponibles, et franchement sympas.

Les seuls moments délicats : la conduite de nuit (à éviter absolument), les zones très touristiques où les prix gonflent pour les étrangers, et quelques quartiers de Santo Domingo à éviter le soir. Sortez de vos hôtels. Vous ne serez pas agressées pour ça.

Infos pratiques avant de partir

Passeport et visa : juste un passeport valide. Dans l’avion, on vous remet une tourist card. C’est tout. Pas de visa, pas de formulaire à remplir à l’avance. Si vous comptez rester plus d’un mois, sachez qu’il y a des frais à régler au moment de partir pas en arrivant, en repartant. On ne nous avait pas dit ça.

Santé : aucune vaccination obligatoire. J’avais plus peur des moustiques que de quoi que ce soit d’autre. On a quand même attrapé la tourista malgré les précautions classiques. L’eau du robinet, même pour se brosser les dents, c’est non. Emportez une trousse sérieuse.

Décalage horaire : moins cinq heures. Le soleil disparaît à 18h pile, et à 6h30 la journée est déjà lancée sans vous demander votre avis. Le premier matin à Las Terrenas, j’avais les yeux grand ouverts à 5h. J’ai fini par m’asseoir sur la terrasse avec un café. La lumière valait le lever.

Meilleure période : on y était fin novembre, début décembre. C’était bien. Idéalement, de décembre à avril, l’air est plus sec et les températures restent raisonnables. En mai, ça devient lourd. En été, l’humidité est franchement pénible.

Langue : l’espagnol. Je me débrouille, ça aide vraiment. Quelques mots suffisent pour débloquer des situations qui autrement restent coincées. Les grandes villes touristiques parlent un peu anglais, mais en dehors des circuits, l’espagnol est indispensable.

Pour aller plus loin sur la préparation du voyage, notre guide complet République Dominicaine détaille toutes les formalités et les ressources utiles avant de partir.

Quel est le plus bel endroit de la République Dominicaine ?

Sans hésiter : la baie de Samaná. Eau turquoise, végétation luxuriante, plages sauvages, Los Haitises à portée de bateau. C’est là que la RD est la plus elle-même. Loin de l’image carte postale de Punta Cana, mais bien plus proche de ce que le pays a réellement à offrir.

L’île de Saona est aussi une pépite — 110 km² de palmiers, sable blanc et eau cristalline dans le parc national d’Este. Elle est devenue populaire (des excursions organisées y arrivent en masse chaque jour) mais reste magnifique tôt le matin, avant la foule.

Et si vous voulez vraiment sortir des sentiers battus : les dunes de Bani, la Laguna de Oviedo avec ses flamants roses, le lac Rose. Ce pays a des décors que personne ne montre dans les brochures.

Pour comparer avec d’autres destinations caribéennes, jetez un œil à notre article sur Sainte-Lucie, une île qui joue dans une catégorie très différente mais tout aussi séduisante.

Les amateurs de croisières trouveront aussi leur bonheur dans les eaux dominicaines. Notre sélection des plus beaux hôtels des Caraïbes peut aider à choisir une base de départ.

Et pour comparer avec la Martinique, notre voisine francophone des Caraïbes, voici ce qu’on y fait en vacances.

Le mot de Christel

La République Dominicaine, je l’ai longtemps sous-estimée. Premier voyage trop vite, trop touriste. Le deuxième a tout changé. Ce pays mérite qu’on le regarde en face, pas par le hublot d’un resort. Las Terrenas reste l’un de mes coups de cœur absolus dans les Caraïbes et j’en ai testé quelques-unes. Si vous partez, sortez de la zone hôtelière. Prenez un guagua. Parlez avec les gens. Vous reviendrez transformées, c’est garanti.

Dans le Club Jet-lag, vous trouverez ma liste valise complète pour la RD, mes adresses secrètes à Las Terrenas et mes conseils pour organiser l’excursion Los Haitises sans intermédiaire.

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