Je n’avais pas prévu de faire la connaissance d’une mygale dès ma première semaine en Guyane française. Et encore moins de finir avec elle sur la main. Pourtant c’est exactement ce qui s’est passé — et c’est mon colocataire Mathieu, grand amateur de bestioles velues, qui en est entièrement responsable.
Araignée matoutou
En Guyane, la matoutou ne se cache pas. Elle galope sur les parkings à 18h, elle s’installe sur les parapets de la terrasse, et un matin mémorable, j’en ai trouvé six — six — qui dansaient sur la table du petit déjeuner avec les restes. Six grosses araignées. Pas une. Six.
J’ai hurlé. Évidemment.
La première rencontre : sur le parking, à la tombée du jour
Cela faisait à peine quelques jours que j’étais installée en Guyane quand j’ai croisé ma première matoutou. Il devait être 17h45 – le soleil se couche tôt sous le climat équatorial – quand je l’ai vue galoper sur le gravier dans tous les sens.
La mygale en Guyane, ça se remarque. Pas parce qu’elle est discrète. Parce qu’elle est grosse. Une matoutou adulte peut mesurer jusqu’à 15 cm de large, pattes comprises. Et croyez-moi, quand elle bouge, on la voit.
On se regardait toutes les deux, elle et moi. Laquelle avait le plus peur de l’autre ? Honnêtement, je pense que c’était moi.
La matoutou en Guyane : impressionnante mais inoffensive
La mygale matoutou – nom scientifique Avicularia avicularia – est une araignée endémique des forêts tropicales d’Amérique du Sud. On la reconnaît à ses longues pattes velues et à leurs extrémités légèrement orangées. En Guyane française, elle est partout : dans les jardins , sur les murs, dans les broméliacées et parfois, donc, sur votre table de petit déjeuner.
Ce que personne ne vous dit avant d’arriver : la matoutou n’est pas dangereuse. Son venin n’est pas toxique pour l’homme. Sa morsure, rarissime, est comparable à une piqûre d’abeille. Elle ne mord que si elle se sent vraiment menacée – et encore, elle préfère fuir.
Ce qui ne veut pas dire qu’on ne hurle pas quand on en voit six d’un coup sur la table.
Mathieu et le trophée de 15 centimètres
Mon colocataire Mathieu avait un rapport très particulier avec la faune guyanaise. Là où moi je reculais, lui avançait. Ce soir-là sur le parking, il s’est approché, a attrapé la matoutou par le dos – sans hésiter une seconde – et me l’a présentée comme un trophée.
La bestiole gesticulait ses longues pattes dans tous les sens et me regardait avec ce que j’interprétais comme de l’inquiétude. J’avais le même regard.
On a fait une photo. On l’a relâchée. Elle s’appelait Matoutou. C’était logique.
Le matin des six mygales
La scène la plus marquante de ma vie guyanaise n’est pas le lancement de fusée à Kourou – pourtant une expérience absolument dingue. C’est ce matin-là sur la terrasse.
Six mygales. Sur la table du petit déjeuner. Avec les restes du dîner de la veille.
Pas de panique calculée, pas de réflexion posée. Juste un hurlement et une retraite rapide à l’intérieur.
Mathieu est arrivé, les a toutes attrapées une par une, les a mises dans une boîte et m’a dit qu’il allait les relâcher de l’autre côté de la rue. Je ne sais pas si c’était vrai. Je l’ai cru parce que j’en avais besoin.
J’ai fini par lui tenir la main
Un jour, j’ai décidé de me confronter à ma peur. Mathieu tenait une matoutou, je me suis approchée, et je l’ai prise dans ma main.
Premier contact : léger, velouté, inattendu. Les poils de ses pattes sont doux. Elle ne m’a pas mordue. Elle a juste galopé sur ma paume, grimpé sur mon bras, et gesticulé dans tous les sens pour trouver une sortie.
Frisson garanti. Mais pas de douleur. Pas d’agression. Juste une araignée qui voulait rentrer chez elle.
C’est là que j’ai compris que la mygale en Guyane française n’est pas un ennemi. C’est une voisine un peu envahissante avec laquelle on apprend à cohabiter.
Ce qu’il faut savoir avant de partir en Guyane
Si vous prévoyez un voyage en Guyane, voilà ce que personne ne met dans les guides :
La matoutou sera probablement au rendez-vous. Surtout en saison des pluies, quand le climat équatorial et humide la pousse à se rapprocher des habitations. Elle aime les zones humides, les trous de mur, les broméliacées et apparemment les tables de petit déjeuner.
Elle n’est pas dangereuse. Mais elle est grande, rapide et velue — ce qui suffit à faire hurler même les plus courageux.
Les moustiques, eux, sont un danger bien réel sur ce blog voyageurs en guyane.. Munissez-vous d’un bon répulsif et d’un anti-venin par précaution pour les autres espèces — serpents, guêpes, scorpions — qu’on croise dans les zones sauvages comme les marais de Kaw.
Et si vous croisez une matoutou sur votre terrasse : respirez, admirez, et laissez-la passer. Elle n’est pas là pour vous.
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tout autre animal sauvage, il est recommandé de consulter des guides locaux ou des experts en faune.
Infos pratiques
Crédit photo : Nous 4 en Guyane
photos Matoutou Guyane






