Quand je suis arrivée au Connemara, je connaissais par cœur les paroles de Michel Sardou. Mais aucune chanson ne prépare vraiment à ce que vous allez voir. Le vent. Les tourbières. Un ciel qui change toutes les cinq minutes. Et ce silence, juste après la pluie.
Avant de comprendre le Connemara, il y a cette chanson
Le Connemara, c’est une région du comté de Galway, à l’extrême ouest de l’Irlande. Montagnes, tourbières, lacs et côtes sauvages traversés par la Wild Atlantic Way. Classé parc national. Immortalisé par une chanson française. Et pourtant, personne n’en revient vraiment indemne.

Comment rejoindre le Connemara
En voiture de location depuis Dublin. Comptez 3h30. Faites une nuit à Galway sur la route. C’est une ville ravissante, pleine d’énergie, et elle mérite qu’on s’y arrête. Une belle étape à Galway avant de plonger dans les grands espaces.
Sur les routes du Connemara, une règle. Ralentissez. Pas pour le plaisir. Parce que les moutons n’hésitent pas à vous couper la route à tout bout de champ. C’est leur territoire. Vous êtes juste de passage.
Pour les papiers : les citoyens français entrent en Irlande avec une carte nationale d’identité valide. En revanche, si vous prolongez vers l’Irlande du Nord, un passeport est exigé depuis le Brexit. Pensez-y avant de partir. Retrouvez tous mes conseils pratiques dans ma liste valise Irlande.
Les étapes incontournables du Connemara
J’ai l’habitude de lister les « incontournables » en mode catalogue. Ici, je ne peux pas. Chaque endroit m’a fait quelque chose de différent. Alors je vais faire autrement.
L’abbaye de Kylemore

Un château bénédictin au bord d’un lac. Des montagnes derrière. Un reflet parfait sur l’eau quand le vent se calme. Je suis arrivée là un matin de brume. J’ai failli ne rien voir. Et puis, d’un coup, tout s’est dégagé.

C’est une des images les plus iconiques d’Irlande. Et une des plus méritées. L’abbaye de Kylemore se visite aussi de l’intérieur, avec ses jardins victoriens restaurés. Prévoyez deux heures minimum.

Diamond Hill et le parc national

La montagne du parc national du Connemara. Sentier balisé, montée progressive. Ce n’est pas difficile. C’est juste long, et il faut accepter que la météo décide à votre place.
On a sorti nos kways en maudissant l’Irlande de ne pas vouloir nous aider à la visiter. Et puis, après une heure de marche, on est arrivées au sommet. Personne. Pas un bruit. Juste ce vent glacial et un panorama à 360° sur les Twelve Bens et la baie de Galway. Et les dieux irlandais ont dû m’entendre râler. Un magnifique rayon de soleil a percé.
Prévoyez un kway. Toujours.
Le Killary Harbour, seul fjord d’Irlande
La mer qui s’enfonce entre deux montagnes. Le silence y est total. C’est ce genre d’endroit qu’on ne cherche pas vraiment. On tombe dessus en roulant. Et on s’arrête sans savoir pourquoi.
Le Killary Harbour est le seul fjord d’Irlande. Personne ne vous en parle. Allez-y quand même.
Clifden, la capitale du Connemara
Petite ville animée. De bons pubs. Des boutiques locales. Et cette atmosphère irlandaise qu’on cherche et qu’on finit par trouver là, au comptoir, avec un Irish Coffee ou une Guinness.
Clifden est une base idéale pour rayonner dans la région. Elle est vivante sans être touristique à l’excès.
Roundstone, Leenane et les villages du bout du monde
Deux villages pittoresques qu’on longe sans forcément s’arrêter. C’est une erreur. Roundstone sent le lin mouillé et le feu de tourbe. Leenane surplombe le fjord. On n’a pas besoin de grand-chose pour comprendre pourquoi des gens décident de ne jamais partir d’ici.
Ce que le Connemara m’a vraiment appris
J’ai habité Limerick pendant trois mois, avant de rejoindre Dublin pour travailler chez Yahoo. Ces montagnes irlandaises sont devenues mon refuge. Chaque week-end, on partait en groupe. Cork, Belfast et la Chaussée des Géants, les Aran Islands, la péninsule de Dingle, Doolin.
Mais le Connemara, c’était différent. Plus sauvage. Plus silencieux. Un sentiment de liberté totale au milieu des tourbières. Des poneys irlandais qui paissent sur des petites routes sinueuses. Des murets de pierres à perte de vue. Un ciel qui change toutes les cinq minutes à cause de l’Atlantique juste à côté.
Un peu plus et j’aurais installé ma cabane là-haut pour y vivre en toute tranquillité. Je ne plaisante qu’à moitié.
Infos pratiques pour préparer votre road trip
Durée idéale
Au moins dix jours en Irlande pour vraiment s’imprégner. Deux à trois jours minimum pour le Connemara seul. Si vous avez une semaine, partez depuis visiter Dublin en début de séjour, puis remontez vers l’ouest.
Hébergement
Les B&B irlandais sont l’équivalent de nos gîtes. Chaleureux, abordables, souvent tenus par des familles. Pour un séjour luxe, le Ballynahinch Castle est une référence. Un château au bord d’une rivière à saumons. La classe sans être ostentatoire.
Meilleure saison
Juin à septembre pour la lumière et une chaleur relative. Mais même en hiver, le Connemara est saisissant. Il pleut toujours. Prévoyez un imperméable en toutes saisons, sans exception.
Transport
La voiture de location est indispensable. Des bus relient certaines villes mais la liberté du road trip est incomparable ici. Depuis Dublin, comptez 3h30 de route. Faites l’étape à Galway, vous ne le regretterez pas.
Carte du Connemara

Retrouvez tous nos articles Irlande : notre Dublin à Adare, la Guinness Storehouse à Dublin, et notre guide complet pour visiter Dublin.
Le mot de Christel
Le Connemara ne ressemble à rien d’autre. Ni à l’Écosse, ni à l’Islande, ni à aucun de ces endroits qu’on compare toujours entre eux. C’est brut, mouillé, parfois hostile. Et pourtant, on n’a qu’une envie une fois là-bas. Rester encore un peu. Juste encore un peu.
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