Un road trip en Norvège, c’est une promesse un peu folle. Des fjords qui tombent à pic dans l’eau émeraude. Des routes qui grimpent, virent, disparaissent dans le brouillard. Et ce sentiment bizarre d’être minuscule — mais dans le bon sens du terme. J’y suis allée en juin, en berline de location, avec beaucoup d’enthousiasme et quelques galères instructives. Voici tout ce que j’aurais aimé savoir avant de partir.

Pourquoi la Norvège est faite pour le road trip
La Norvège, c’est fait pour rouler. Les paysages changent toutes les dix minutes. Une forêt, un lac, un fjord, une cascade. Recommencer. La route 13 entre Stavanger et Bergen est à elle seule un argument de voyage. Lacs, sommets enneigés en juin, maisons rouges au bord de l’eau. C’est presque trop beau pour être honnête.
Le pays est vaste. Très vaste. Il faut donc choisir entre le nord et le sud — pas les deux en une semaine, sauf à vouloir finir en PLS derrière le volant. Pour ce premier périple, j’ai opté pour le sud. De Stavanger à Bergen, avec quelques détours qui valent tous les détours du monde. Résultat : environ 2 000 kilomètres en dix jours. Des paysages de dingue. Quelques leçons apprises à la dure aussi.
Envie d’aller plus loin ? Lisez aussi notre parcours de 2 semaines en Norvège et notre guide sur les 8 plus belles villes norvégiennes.
Quelle saison choisir pour un road trip en Norvège
La réponse courte : juin ou juillet. Les routes de montagne sont ouvertes. Le soleil de minuit transforme chaque soirée en quelque chose d’irréel. Et les grandes randonnées — Preikestolen, Trolltunga — sont praticables sans équipement spécialisé.
En hiver, c’est magnifique aussi. Mais certaines routes ferment. Les cols enneigés ne pardonnent pas. Trolltunga devient une expédition pour alpinistes confirmés. Mai reste une très bonne option : moins de monde, tarifs légèrement plus doux, lumière magique. Mars et avril, en revanche, demandent un itinéraire pensé autour des conditions hivernales.
Pour les aurores boréales en Norvège, il faut viser l’automne ou l’hiver, dans le nord du pays. Autre ambiance, autre itinéraire.
Mon itinéraire road trip Norvège en 10 jours
Voici le tracé que j’ai suivi, au départ d’Oslo, avec retour par Bergen. Dix jours complets, pas une heure gâchée.
Jours 1 et 2 : Oslo, puis cap à l’ouest
Atterrissage à Oslo Gardermoen, récupération de la voiture, départ immédiat vers l’ouest. Objectif : se rapprocher de Kjerag. Nuit à Evje. La ville est sans prétention, les hôtels accessibles — profitez-en, ça ne dure pas.
Jour 3 : Kjerag et le Lysefjord
Kjerag, c’est ce rocher coincé entre deux falaises à 1 000 mètres d’altitude. La photo mythique de la Norvège. La randonnée est longue (5 à 6 heures), physique, mais accessible. Le panorama sur le Lysefjord vaut chaque mollet brûlé. Vraiment chaque.
Jour 4 : Preikestolen, le Pulpit Rock
Une plateforme naturelle qui surplombe le fjord à 604 mètres. Comptez 4 heures de marche aller-retour. Le départ se fait en ferry depuis Stavanger jusqu’à Tau — prévoir la traversée dans le timing.
Honnêtement ? Ce jour-là, j’ai eu la pire météo du séjour. Nuages, bruine, zéro visibilité en haut. Je n’ai rien vu. Le genre de souvenir qu’on raconte avec philosophie dix ans après. Moi je le raconte encore avec rage. Mais la randonnée elle-même était saisissante. Retrouvez notre guide complet du Preikestolen pour préparer cette étape.
Jour 5 : Route vers Eidfjord et les cascades
Environ 250 kilomètres, deux traversées en ferry incluses. Les chutes de Ratfossen et les cascades autour d’Odda méritent une pause photo. C’est le début du territoire Trolltunga.
Jour 6 : Trolltunga, la randonnée qui change tout
La Langue du Troll. Une formation rocheuse suspendue au-dessus du vide à 1 100 mètres d’altitude. La randonnée dure entre 8 et 12 heures selon le rythme. C’est le clou du spectacle. Le genre d’endroit qui te réconcilie avec l’idée d’avoir des jambes.
Attention : réservez votre créneau à l’avance en haute saison. L’accès est régulé. Et ne partez pas sans chaussures de randonnée imperméables — le sol peut être glissant même en plein juillet.
Jour 7 : Fjords d’Aurland et Nærøyfjord
Stegastein, d’abord. Une plateforme en bois et verre qui s’avance au-dessus du vide. En dessous, l’Aurlandsfjord. On ne dit rien. On regarde. La route qui mène à Aurland traverse des cols encore blancs en juin — j’avais écrit « paysage à couper le souffle » dans mon journal ce soir-là, et pour une fois le cliché était parfaitement exact.
Le Nærøyfjord est au patrimoine UNESCO. Ça, tout le monde le sait. Ce que les brochures oublient de dire : rouler le long de ses rives en voiture, fenêtre ouverte, au petit matin, quand il n’y a personne. C’est ça le vrai truc.

Jours 8 et 9 : Hardangerfjord et Bergen
Le Hardangerfjord. Quatrième plus long du monde, et franchement, on s’en fiche un peu du classement quand on est dessus. Ce qui compte, c’est la lumière à 19h, les vergers en fleurs au bord de l’eau en mai, et la cascade de Vøringsfossen qui tombe de 182 mètres dans un bruit sourd qu’on entend bien avant de la voir.
la ville portuaire de Bergen pour finir. Les maisons Bryggen sont exactement comme sur les photos — en mieux. Le marché aux poissons sent fort, le funiculaire Fløibanen grince un peu, la vue depuis le mont Fløyen vaut la montée. La ville est jolie sans chercher à l’être. Lisez aussi notre guide sur Ålesund, la petite Venise du nord.
Jour 10 : Retour à Oslo
Cinq heures de route, plein est. On restitue la voiture, on prend le train pour le centre-ville. Oslo mérite bien une demi-journée avant le vol retour. Les musées sont bons. La ville l’est aussi.

Conduire en Norvège : ce que personne ne vous dit vraiment
Les routes norvégiennes sont remarquablement bien entretenues. Mais elles réservent quelques surprises pour qui arrive depuis la France avec ses autoroutes bien droites.
Il n’y a pas d’autoroute hors des grandes villes. La plupart des routes sont à double sens, limitées à 80 ou 90 km/h. Ce qui semble être 100 kilomètres sur la carte peut prendre trois heures en réalité. Ajoutez un fjord à contourner, un tunnel à payer, un ferry à attendre.
Les tunnels, justement. Certains font plusieurs kilomètres. Le Lærdal Tunnel mesure 24,5 kilomètres — le plus long du monde. C’est à la fois impressionnant et légèrement claustrophobique. Prévoir la playlist avant d’entrer.
Les radars sont nombreux. Les amendes, très élevées. Respectez les limitations. Sans discussion, sans exception.
Le vendredi soir, évitez les ferrys populaires. Nous avons attendu trois heures pour embarquer entre Stavanger et Bergen un vendredi. Les Norvégiens adorent partir en week-end. Personne ne nous avait prévenus.

Ferrys et péages
Les traversées en ferry coûtent entre 10 et 15 euros selon la distance. Paiement à bord ou en ligne. L’embarquement est rapide — les Norvégiens ont élevé la logistique maritime au rang d’art.
Les péages existent sur certains tronçons. Votre loueur dispose d’un boîtier automatique. Les frais vous sont facturés à la restitution du véhicule. Pas de mauvaise surprise si vous le savez avant.
Pour l’essence : la Norvège produit du pétrole, mais n’en profite pas à la pompe. Comptez parmi les tarifs les plus élevés d’Europe. Prévoir un budget carburant conséquent dès le départ.
Budget road trip Norvège : les vrais chiffres
La Norvège est chère. Vraiment chère. Pas « un peu plus cher qu’en France » — franchement chère, avec une logique de prix qui surprend même les voyageurs habitués au nord de l’Europe.
Un hôtel tourne entre 100 et 150 euros la nuit, parfois plus. La bonne nouvelle : les hytter (cabanes norvégiennes) et les campings avec chalets offrent des alternatives bien plus abordables. Et franchement plus charmantes.
Au restaurant, un plat principal coûte 25 à 30 euros. Un soda, 5 euros. L’alcool est hors de prix dans les épiceries, introuvable autrement. Résultat : on mange souvent des sandwichs, on découvre que la soupe du supermarché est sous-estimée, et on apprend à apprécier l’eau du robinet — qui est, au moins, excellente.
Pour la location de voiture, comparer les tarifs via des agrégateurs permet de trouver des offres avec annulation gratuite jusqu’à 24h avant — utile quand la météo dicte sa loi. Partir de Suède peut aussi faire baisser le prix de location.
Budget réaliste pour deux personnes : entre 150 et 250 euros par jour (hébergement, carburant, nourriture, ferrys). Il grimpe vite si vous optez pour des hôtels et restaurants à chaque étape.
Éviter les frais bancaires
La Norvège n’est pas dans la zone euro. La couronne norvégienne (NOK) s’applique partout. Une carte multi-devises comme Revolut vous économisera une somme non négligeable sur les frais de change. Un réflexe à adopter pour tous les voyages hors zone euro.
Que mettre dans la valise pour un road trip en Norvège
Même en juin, prévoyez chaud. Le temps bascule en quelques minutes. Vent, pluie, brouillard, puis soleil radieux. Parfois tout ça dans la même heure — j’ai vécu les quatre saisons un même après-midi à Kjerag.
Les incontournables : chaussures de randonnée imperméables, pantalon de trek, polaire, coupe-vent. Et un maillot de bain — pour les baignades dans les lacs de montagne, qui sont une vraie révélation. L’eau est glacée. On y plonge quand même. Consultez aussi notre guide packing complet pour les voyages nordiques.
Les plus beaux fjords de Norvège à voir en road trip
Si vous ne deviez en retenir que cinq, voici lesquels méritent vraiment le détour.
Le Sognefjord est le plus grand de tous — 204 km de long, 1 308 m de profondeur. Vertigineux sur le papier, encore plus en vrai. Le Geirangerfjord est classé UNESCO, et il le mérite vraiment. C’est celui qu’on met en fond d’écran. Le Lysefjord, c’est Kjerag et Preikestolen — la Norvège des randonneurs. Le Hardangerfjord est le plus doux, le plus accessible, idéal pour ceux qui préfèrent rouler que grimper. Et le Nærøyfjord — étroit, à peine 250 mètres par endroits — m’a plus marquée que tous les autres réunis. Je ne sais pas exactement pourquoi.
Pour les jambes fatiguées après Trolltunga, la croisière dans les fjords norvégiens est une vraie option. On voit autant, on souffre moins. Et si la Scandinavie vous a mis le feu, notre circuit Islande 7 jours en road trip attend.

Formalités et infos pratiques
Schengen oui, Union européenne non. La Norvège est dans le premier mais hors du second — ça change quelques détails pratiques. Côté entrée sur le territoire : carte d’identité valide suffit pour les Européens. Pas de visa pour un séjour touristique sous trois mois.
Emportez la Carte Européenne d’Assurance Maladie. Sans elle, les soins coûtent une fortune — et tombez malade en Norvège, ça arrive vite quand on passe six heures sous la pluie à 1 000 mètres. Côté téléphone : bonne nouvelle, la Norvège rentre dans les forfaits européens français. Même tarif qu’à la maison pour les appels, SMS et data.
Questions fréquentes sur le road trip en Norvège
Combien de temps faut-il pour un road trip en Norvège ?
Dix jours minimum pour le sud. Deux semaines pour voir le nord aussi. En dessous, c’est frustrant — la distance entre deux points est toujours plus longue que sur la carte, et on finit par rouler plus qu’on ne regarde.
Quelle saison choisir pour un road trip en Norvège ?
Juin à août pour les randonnées et les fjords. Novembre à février pour les aurores boréales dans le nord. Évitez mars-avril sauf si les routes enneigées ne vous font pas peur et que vous avez un itinéraire adapté.
Peut-on faire un road trip en Norvège sans voiture de location ?
Techniquement oui, avec les ferrys et les bus express côtiers. En pratique, la voiture reste la liberté. C’est le mode de voyage qui correspond le mieux à ces paysages — et au rythme qu’ils méritent.
Faut-il réserver Trolltunga à l’avance ?
Oui, obligatoirement en haute saison (juillet-août). Les créneaux s’épuisent vite. Réservez au moins deux à trois semaines avant le départ. Ne tentez pas l’improvisation sur ce point.
Quel est le budget moyen pour un road trip en Norvège ?
Comptez entre 150 et 250 euros par jour pour deux personnes (hébergement, carburant, nourriture, ferrys). Le budget grimpe vite si vous optez pour des hôtels et restaurants à chaque étape. Les hytter sont une alternative que je recommande vraiment.
Envie d’explorer d’autres routes nordiques ? Retrouvez notre article sur la région de Rondal en Norvège, un coin encore épargné par les foules.
Le mot de Christel
Ce road trip en Norvège reste l’un de ceux qui m’ont le plus transformée. Je ne l’avais pas prévu comme ça. On part pour les fjords, pour les photos, pour cocher Trolltunga sur une liste mentale. On revient avec quelque chose de moins facilement nommable. Sur un col à 1 400 mètres, soleil de minuit, seule avec ma voiture garée 200 mètres derrière — j’ai pensé à rien pendant vingt minutes. C’est rare.
Ce que vous ne trouverez pas dans cet article gratuit : les adresses exactes de mes hébergements jour par jour, ce que j’achète vraiment au supermarché norvégien pour tenir le budget, comment éviter la queue à Trolltunga, et comment rester présentable quand il pleut de biais à 1 000 mètres d’altitude.
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