Croisière Mississippi à bord de l’American Queen : ce que j’en pense vraiment

Je n’avais pas vraiment prévu de me retrouver sur le Mississippi. C’est arrivé comme ça, dans la continuité d’une croisière avec Crystal Cruise — deux expériences très différentes, qui se sont succédé presque sans transition. Cinq jours à bord de l’American Queen, de Nashville jusqu’à la Nouvelle-Orléans. Cinq jours sur ce fleuve que je connaissais surtout à travers Mark Twain et Tom Sawyer, et qui s’est révélé plus complexe, plus industriel, et finalement plus fascinant que tout ce que j’avais imaginé.

Si vous hésitez encore sur le type de croisière à choisir, j’ai aussi écrit sur comment choisir sa croisière — croisière maritime ou fluviale, grand paquebot ou bateau intimiste, les critères à peser avant de réserver.

Le Mississippi, ce fleuve qu’on croit connaître

croisière American Queen bateau à roue Mississippi
croisière American Queen bateau à roue Mississippi

Le Mississippi, c’est le deuxième fleuve le plus long des États-Unis. Trois mille sept cent trente-quatre kilomètres depuis le lac Itasca dans le Minnesota jusqu’au golfe du Mexique, traversant dix États. Il se range derrière l’Amazone et le Congo, mais devant tout le reste. Ce n’est pas rien.

Ce qui m’a frappée dès les premières heures, c’est le poids historique du fleuve. Remonter le Mississippi en bateau à vapeur, c’est revenir au début du XIXe siècle — l’époque des planteurs de coton et de canne à sucre, des colonies du Vieux Sud, d’une guerre civile qui a duré cinq ans et laissé des cicatrices que le fleuve porte encore. Ce n’est pas un voyage neutre. C’est un livre d’histoire qui défile derrière le hublot.

En novembre, la saison où j’ai navigué, le débit est à son maximum. L’eau est trouble, brune, presque opaque. Pas glamour. Mais authentique.

Embarquer à Nashville avec CroisiEurope

J’ai embarqué à Nashville. L’American Queen est proposé en France via CroisiEurope, qui distribue les itinéraires de l’American Queen Steamboat Company. Le bateau descend le Mississippi vers le sud, direction la Nouvelle-Orléans.

Avant le départ, j’ai traîné dans la salle des machines à l’arrière du navire — ouverte aux curieux, avec des panneaux explicatifs. Ces bateaux à roue existent depuis la fin du XVIIIe siècle. Ils ont construit la réputation commerciale du fleuve. Aujourd’hui encore, le Mississippi transporte environ 10 % des marchandises en transit aux États-Unis. Ce n’est pas un décor. C’est une artère économique déguisée en paysage.

Et puis le départ. Impossible de le rater — l’engin fait un bruit considérable. La roue à aubes se met à battre la cadence. On largue les amarres doucement. Le guide commence à parler. On écoute.

La vie à bord : cabines, ambiance, rocking chairs

bar à bord de l'American Queen croisière Mississippi
bar à bord de l’American Queen croisière Mississippi

Ma cabine était spacieuse. Décorée avec des objets chinés chez les antiquaires du Delta du Mississippi — un peu kitch, franchement, mais attachant. Douche, toilettes privées, produits Clarins, climatisation individuelle, coffre-fort, sèche-cheveux, peignoir, sandales, télévision, radio. Et l’essentiel : un balcon privé pour regarder le fleuve défiler.

Le bateau en lui-même est une déclaration d’intention. Six ponts, une salle de spectacle, une salle de cinéma, trois bars, cinq salons, une piscine, une salle de gym, des boutiques. Des coursives extérieures garnies de rocking chairs et de balancelles. On se croirait dans un hôtel particulier du Sud qui aurait décidé de prendre le large. La décoration est ultra soignée. Le moteur à vapeur, bizarrement, n’est pas aussi bruyant que je l’imaginais — ou alors on s’y habitue rapidement.

L’ambiance est nostalgique, chaleureuse, délibérément anachronique. C’est un voyage dans le temps autant qu’un voyage sur un fleuve. Pour bien profiter d’une croisière de ce type, il faut accepter de ralentir. Ce n’est pas un bateau de transit. C’est un bateau de présence.

Les escales : Memphis, Natchez, la Nouvelle-Orléans

Memphis et sa scène musicale méritent à elles seules le détour. Graceland, Beale Street, le musée des droits civiques — la ville porte une histoire américaine dense, violente, musicale. Les excursions se font en autocar depuis le quai, ce qui est pratique mais enlève un peu de liberté.

Natchez, elle, est une ville à part. Les manoirs antebellum sont stupéfiants — Rosalie Mansion, Stanton Hall, le musée William Johnson consacré à la mémoire afro-américaine. On visite des lieux qui ont été construits sur la souffrance de milliers de personnes. Ce n’est pas confortable, et ce ne devrait pas l’être. La distillerie Charboneau, à la fin de la visite, offre une dégustation de rhum qui permet de digérer tout ça différemment.

La Nouvelle-Orléans, terminus de mon itinéraire, m’a semblé encore plus chargée que dans mes souvenirs de lectures. Le French Quarter depuis le fleuve, les bayous alentour, l’odeur de friture et de jasmin mélangés — c’est une ville qui ne ressemble à aucune autre ville américaine.

Ce que les rives ont vraiment à offrir : un avis honnête

Soyons honnêtes. À moins d’être passionnée de botanique industrielle, les rives du Mississippi n’ont rien de vraiment excitant. On longe essentiellement des traces d’industries lourdes, des raffineries, des silos. Les quelques cargos qu’on croise rappellent que ce fleuve travaille, qu’il ne pose pas pour les photos.

Ce serait mentir que de promettre des paysages à couper le souffle. Ce n’est pas le Rhin. Ce n’est pas la Norvège. La beauté de cette croisière est à bord — dans l’ambiance, dans le récit historique, dans la qualité de la table et des spectacles. Le fleuve est le prétexte. La destination, c’est le bateau.

Ce que j’ai aimé sans réserve : cette sensation d’appartenir à une autre époque pendant cinq jours. La roue à aubes qui bat, les cargos qu’on double lentement, les rocking chairs sur le pont au coucher du soleil. Et l’idée que ces eaux troubles ont tout vu — le coton, l’esclavage, le blues, les inondations, Katrina.

Informations pratiques — croisière Mississippi

Combien coûte une croisière Mississippi ?

J’ai embarqué via CroisiEurope sur un itinéraire de 5 jours. En 2016, le budget était conséquent — et il l’est toujours. Comptez plutôt entre 3 000 et 8 000 euros pour un forfait incluant le vol et les nuits à bord, selon la durée et la catégorie de cabine. Les itinéraires longs montent bien au-delà. L’American Queen Steamboat Company propose des séjours de 5 à 10 jours sur le Mississippi. Ce qui n’est pas inclus dans le prix de base, et c’est important de le savoir avant de réserver : les excursions à terre. Elles s’ajoutent en option.

Quelle durée choisir ?

Cinq jours permettent de relier Nashville à la Nouvelle-Orléans avec les escales principales. C’est un minimum pour avoir une vraie impression du fleuve. Les itinéraires de 8 à 10 jours intègrent davantage d’escales dans les petites villes et plus de temps à Memphis ou à Natchez. Les séjours de deux à trois semaines couvrent le haut Mississippi, vers Saint-Louis et Minneapolis — un territoire complètement différent, plus rural.

Quelle compagnie choisir pour une croisière sur le Mississippi ?

Pour les bateaux à vapeur authentiques — roue à aubes, décoration XIXe, ambiance Vieux Sud — l’American Queen Steamboat Company reste la seule option sérieuse. C’est un produit très américain, très ancré dans l’histoire du fleuve. Viking River Cruises fait aussi le Mississippi, avec le Viking Mississippi — navire moderne, approche plus scandinave, moins de nostalgie dans la déco. Deux philosophies différentes. Depuis la France, CroisiEurope distribue plusieurs de ces départs, avec parfois un accompagnateur francophone — à vérifier au moment de la réservation.

Y a-t-il des guides francophones à bord ?

Non, pas systématiquement. L’anglais est la langue de bord par définition. Les guides des excursions à terre parlent anglais. Si la maîtrise de la langue vous semble un obstacle, vérifiez avant de réserver si un accompagnateur francophone est prévu sur le départ choisi. Certains forfaits CroisiEurope incluent un accompagnateur français — mais ce n’est pas garanti sur tous les départs.

Le mot de Christel

Ce qui m’a le plus marquée sur ce bateau, c’est le paradoxe. On voyage sur l’un des fleuves les plus mythiques du monde, et les rives sont franchement décevantes. On est entourée d’une déco digne d’un roman de Scarlett O’Hara, et pourtant on reste très consciente de tout le poids que cette esthétique du Vieux Sud porte avec elle. C’est inconfortable, parfois. Et c’est pour ça que c’est intéressant. Ce n’est pas une croisière pour se déconnecter du monde. C’est une croisière pour le voir autrement.

Dans le Club Jet-Lag, j’ai compilé les adresses incontournables de la Nouvelle-Orléans pour celles qui terminent leur croisière là-bas — restaurants, quartiers, timing idéal pour éviter la foule du French Quarter.

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2 commentaires sur “Croisière Mississippi à bord de l’American Queen : ce que j’en pense vraiment

  1. Bonjour
    Je suis en train de planifier une croisière sur l’Américan Queen, et je me pose une seule question : pendant les excursions y a t-il un guide qui parle français.
    Si vous pouvez me renseigner par mail ce sera formidable
    Merci
    Jean-Pierre

    1. Bonjour Jean-Pierre
      Je n’ai pas souvenir sur l’Américan Queen d’avoir entendu parler le français. L’anglais reste la langue par définition. En espérant vous avoir aidée. Bien cordialement,

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