Sanur, le Bali qui respire encore

Vingt-cinq heures de voyage. Deux escales. Une fatigue qui colle à la peau. Je suis arrivée à Bali vidée, pas émerveillée. Et franchement, les premières heures sur l’île m’ont retournée dans le mauvais sens. Alors si vous cherchez quoi faire à Sanur sans le filtre Instagram, restez. Je vais vous raconter le vrai Sanur. Celui qui m’a réconciliée avec cette île que j’avais failli détester.

que faire à Sanur, transfert depuis l'aéroport de Denpasar
que faire à Sanur, transfert depuis l’aéroport de Denpasar

Sanur, premières impressions

Je vais être honnête. Le premier contact m’a déçue. Très déçue, même.

J’avais quitté cinq degrés français pour trente sur l’île. Le décalage thermique, ça je l’avais anticipé. Le reste, non. La route depuis Denpasar traverse une réalité que les agences ne mettent jamais en photo. Des scooters partout. De la poussière. Une pauvreté qui saute aux yeux. J’avais idéalisé ce moment de connexion avec Bali. La claque a été à la hauteur de mes attentes, mais à l’envers.

On finit par arriver à l’hôtel. Je m’écroule sur le lit sans même regarder la chambre. Morte. Et puis le lendemain matin, j’ouvre les yeux. Là, tout bascule.

Je découvre un petit paradis qui n’a rien à voir avec le Bali que j’avais jugé trop vite. L’hôtel est propre, chic, calme. La piscine attend. Le petit déjeuner est copieux. Et là, ce drôle de paradoxe me saisit. Je prends un café face à la mer pendant que la rue, juste derrière, raconte une autre histoire. Sanur m’avait piégée. Dans le bon sens cette fois.

scooters à Sanur, le quotidien balinais
scooters à Sanur, le quotidien balinais

Que faire à Sanur en quelques jours

Soyons clairs sur une chose. À Sanur, on ne coche pas des cases. On ralentit. C’est exactement pour ça que cette étape vaut le détour quand le reste de l’île s’agite. Voici ce qui a rempli mes journées, sans jamais que je regarde l’heure.

La plage, le lever de soleil et le snorkeling

Le programme du premier vrai jour tenait en un mot. Plage. Puis encore plage. Le soleil tape déjà le matin, l’eau est turquoise, peu profonde, idéale pour barboter. Sanur regarde l’est. Donc le lever de soleil se vit les pieds dans le sable, café à la main, avant que qui que ce soit ne se réveille. Ces moments-là valent tous les beach clubs du monde.

Prenez un masque et un tuba. Les fonds se laissent explorer juste au large du récif. Moi, j’ai un souci aux oreilles, donc j’ai renoncé à la plongée. Tant pis. Le bronzage et la contemplation me suffisaient amplement. Chacun son rythme.

balade tranquille de Sanur à Bali au petit matin
balade tranquille de Sanur à Bali au petit matin

La cérémonie Melasti, tombée par hasard

Là, je n’avais rien prévu. Le meilleur souvenir arrive souvent comme ça.

En milieu d’après-midi, un groupe débarque sur la plage. Hommes et femmes, tous vêtus de blanc, ceinturés de jaune. De la musique accompagne la procession jusqu’à l’eau. C’est une cérémonie Melasti, un rituel de purification hindou. On porte les symboles sacrés vers l’océan ou vers une source pure. Je suis restée plantée là, à regarder, sans oser bouger. Un de ces instants où on se sent invitée chez quelqu’un, par accident, et où on retient son souffle.

cérémonie Melasti sur la plage de Sanur
cérémonie Melasti sur la plage de Sanur

Le marché Pasar Sindhu à la tombée du jour

En fin de journée, direction le Pasar Sindhu. Et là, mes narines ont compris avant moi qu’on était loin de l’Europe. Des parfums d’épices partout. Chaque soir, des vendeurs locaux préparent des plats typiques devant vous. Les femmes cuisinent avec une dextérité folle, dans un village de pêcheurs qui s’anime au crépuscule.

Le plus dingue, c’est l’addition. Pour à peine deux euros, on repart avec une dizaine de plats à goûter. Des saveurs de fou. On s’assoit à une petite table, on mange tranquillement, et on se dit qu’on touche quelque chose de vrai. C’est mon premier vrai contact avec la population locale. Souriante, généreuse, efficace. Je leur répétais de prendre leur temps. On est en vacances, après tout.

offrandes et symboles hindous sur le sable de Sanur
offrandes et symboles hindous sur le sable de Sanur

Sanur ou Seminyak, il faut choisir

On me pose toujours la question. Alors je tranche.

Kuta, Legian et Seminyak ont du sable gris et une eau souvent trouble. Le côté Sanur et Nusa Dua offre l’inverse. Sable plus clair, eau limpide, ambiance posée. Si vous voulez la fête, les bars et la foule, filez vers Seminyak pour finir le voyage. Si vous voulez vous entendre penser, Sanur gagne haut la main. Moi je n’hésite pas une seconde. J’aime l’authentique, le tranquille, ce qui ressemble encore à la vie locale. Sanur coche tout ça sans forcer.

Où dormir à Sanur

On avait choisi le Puri Santrian. Très classe, impeccable, posé entre la plage de sable et la rue. Quatre piscines extérieures, des chambres spacieuses, un jardin tropical où flâner sans but. J’avais opté pour ce lieu à cause de la longue plage de sable fin. Prendre son petit déjeuner devant un soleil qui se lève, ça ne se refuse pas.

La chambre, un grand lit confortable, tout le confort attendu d’un beach resort. Le spa pour décompresser. Le front de mer pour rêvasser. C’est le genre d’adresse où on se ressource vraiment. Si vous voyagez pour surfer, sachez qu’on peut aussi louer une villa sur place. Plus pratique pour ranger le matériel. Pour explorer plus loin, gardez en tête que les bateaux pour Nusa Lembongan partent de Sanur. L’embarcadère est à deux pas.

Où manger à Sanur sans se ruiner

Sanur regorge d’adresses, du petit warung local au beach club avec vue sur l’océan. Vous voulez du copieux et du bio le matin ? Les cafés le long de la rue principale font des bols de smoothie, des œufs, des crêpes. C’est bon, c’est frais, c’est facile.

Mais mon vrai conseil tient en une phrase. Mangez au marché. L’endroit est génial, ça coûte trois fois rien, et c’est meilleur que bien des tables chic à côté. Moins de deux euros le festin. Le voyageur gourmand trouvera toujours de quoi se régaler sans réfléchir. Et pour creuser le sujet, j’ai consacré tout un article aux restaurants de Bali, cette île aux mille saveurs.

Mon avis sur Sanur

Alors, Sanur, on valide ou pas ?

Si vous cherchez les plages les plus spectaculaires de l’île, soyez prévenue. Ce ne sont pas celles-là. Le récif découvre à marée basse, l’ambiance reste celle d’un village balnéaire tranquille. Mais c’est précisément ce qui m’a plu. Sanur, c’est le Bali qu’on choisit quand on a compris. Quand on veut un lever de soleil seule, un marché vrai, une cérémonie qui surgit sans prévenir. Pas le Bali des stories. L’autre. Pour respirer, pour se reposer, pour repartir d’aplomb avant tout ce qu’il reste à faire sur l’île, je ne connais pas mieux. Et ça, ça n’a pas de prix.

Le mot de Christel

Sanur ne se vend pas. C’est sa force. On y vient fatiguée, on en repart réparée. J’y ai retrouvé un truc que Bali m’avait presque fait oublier le premier jour. Le silence du matin, le sourire d’une cuisinière de marché, une procession blanche qui descend vers l’eau. Le luxe ici, c’est de ne rien avoir à prouver.

Dans la version complète, je vous donne mon carnet d’adresses Sanur au complet. Les hôtels que je recommande vraiment, les warungs où je retourne, et mes astuces pour vivre la Melasti sans jouer la touriste.

→ Accéder à la version complète

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