Imaginez un froid glacial

Russie

Imaginez un froid glacial. Je rêve de Sibérie dans l’ancienne Union Soviétique où sera jouée prochainement la coupe du monde 2018 de football. J’avoue, j’ai envie de lenteur, de calme et de froid au vrai sens du terme. Décryptage pour explorer l’extrême. 

Ressentir un froid glacial

Découvrir St Petersbourg Découvrir St Petersbourg

La Sibérie m’a toujours faite rêver. Ne me demandez pas pourquoi, je ne saurai pas vous répondre. Peut-être est-ce dû à ce qu’elle incarne ? Un lieu solitaire de retrait total ou presque. Une zone d’extrême, par définition. Une aventure sans fard et sans filet, d’une certaine façon. L’occasion de se prouver quelque chose. De fait, j’adore ce genre d’endroit qui t’oblige à redoubler d’attention et à te surpasser pour affronter le froid. Attention, terrain hostile. Un peu comme une séance de cryothérapie où les températures dégringolent et t’obligent indirectement à te recentrer sur toi-même. Bien sur, le froid peut être handicapant. Forcément, il faut redoubler de vigilance dans ces endroits comme la Sibérie. Ne pas glisser sur de la mousse gelée dans ce paysage blanc par définition. Il parait même que les gouttes d’eau ne tombent pas sous forme liquide mais bien comme des aiguilles dans cet air glacial gris et blanchâtre.  Le lac Baïkal a sans doute bercer mes nuits quand j’étais enfant avec des récits d’ours et de paysages blancs. Jack London n’était jamais loin de mon chevet… La frénésie de la découverte de nouvelles contrées, de ces pays vierges qui poussent depuis la nuit des temps l’Homme à repousser ses propres limites.

Forcément, cela me rappelle des aventures, des histoires vécus du côté de St Pierre et Miquelon où la nature est si belle. Échoué près des terres du Canada, ce département d’outre-mer vous file la chair de poule rien qu’en mentionnant ce nom. Pas  vous ? Je me rappelle alors ce climat hostile, les basses températures sur place. La solitude, aussi. Dès que vous sortez de chez vous, le froid est saisissant. Il vous paralyse immédiatement. Il faut donc une forme de résistance pour reprendre le contrôle de ses propres mouvements. Se répéter : « Faire un geste. Puis un autre… Et encore un autre. » Et finalement reprendre le dessus sur les éléments naturels.

Ça tourne en pays glacial !

Rien n’était plus compliqué pour moi, était les jours de tournage lorsqu’on montait sur ces grands baleiniers, des immenses bateaux qui chassaient alors les poissons à travers la mer froide. Je crois  bien n’avoir jamais eu aussi froid de ma vie même si la sensation de liberté et d’aventure prédominaient malgré ce lieu que je n’appréciais guère, étant moi-même plutôt pour défendre les animaux que pour les chasser. Lorsque vous ouvrez la porte d’une cabine, le froid s’infiltre automatiquement à l’intérieur, laissant pour seul indice de sa présence une étrange vapeur qui s’évanouit quelques secondes plus tard.

Imaginez un froid glacial

Imaginez un froid glacial Imaginez un froid glacial

Ou alors lorsqu’on partait en randonnée avec des copains. L’ambiance était différente mais le froid était toujours aussi présent. Les yeux émerveillés, je me souviens avoir croiser des élans  aussi timides que fous. Sans faire de bruit, on parvenait quelques fois à croiser leur route, provoquant chez nous un bonheur total. Sans égal. Incontestablement.

Physiquement rude !

Les efforts physiques prennent une autre dimension. Maintenez une main enroulée dans des gants à l’extérieur, au vent froid pendant plusieurs minutes pour réaliser une interview et on en reparle…. Ou imaginez un instant ces pêcheurs ramasser les filets lourds de poissons… Je peux vous certifier que j’en ai vu plus d’un près à tomber dans les pommes tellement c’est éprouvant, cet environnement glacé. Le froid peut vous couper le souffle parfois.

Puis il y a les neurones. Je me suis toujours répétée dans ces cas-là qu’il fallait les faire fonctionner pour ne pas qu’elles terminent elles-aussi congelées. C’était éprouvant malgré un équipement de folie (gant, écharpe, bonnet, pull, repull, rerepull) avec un manteau triple épaisseur de préférence. Le pire, ce sont les extrémités du corps. Les pieds ont beau être enveloppés de deux paires de chaussettes minimum. Rien n’y fait, le froid se glisse toujours par là, avec toute la fourberie dont il peut faire preuve à chaque fois comme pour rappeler sa présence. Mon grand-père disait quand j’étais petite que si on a froid aux pieds, c’est qu’il va neiger. Ben, je peux vous garantir que cette prophétie de bas étage prenait tout son sens là-bas. Pour rester comme vivant, il faut ne pas y penser. Booster le moral est primordial dans ce genre de contrées.

Besoin vital

Bien sur, rien ne vaut une tasse de café ou de thé chaude, brulante même. D’un coup, tu sens toutes tes forces revenir comme par enchantement. Le besoin est vital dans un certain sens.

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