Mulholland Drive, Los Angeles : j’y suis allée et j’ai failli repartir déçue

On en parle comme d’un incontournable absolu. La route des stars, le panorama qui change une vie, le mythe californien gravé dans l’asphalte. J’y suis allée avec cette image en tête. Et franchement ? C’est compliqué. Mulholland Drive, c’est à la fois exactement ce qu’on vous promet et bien moins que ce qu’on espère. Je vous explique.

Vue panoramique sur Los Angeles depuis Mulholland Drive
Vue panoramique sur Los Angeles depuis Mulholland Drive

Mulholland Drive : c’est quoi, exactement ?

Une route, d’abord. Quarante kilomètres environ. Ça part des Hollywood Hills et ça finit quelque part du côté de Malibu, en longeant les crêtes des Santa Monica Mountains. Pas une autoroute, pas un boulevard. Une route sinueuse, étroite par endroits, avec des à-pics qui vous rappellent que vous n’êtes pas sur Sunset Boulevard.

Le nom, c’est celui d’un ingénieur. William Mulholland. L’homme qui a amené l’eau à Los Angeles au début du siècle dernier. Personnage controversé, héritage ambigu. La ville lui a quand même donné une route. C’est très américain comme logique.

Localement, on dit juste « Mulholland ». Pas besoin d’en dire plus. Tout le monde sait.

Ce qu’on voit depuis Mulholland Drive

Soyons honnêtes. Les vues sont spectaculaires. Pas toujours, pas partout, mais quand ça tombe bien, ça tombe très bien.

Route de Mulholland Drive au coucher du soleil, Los Angeles
Route de Mulholland Drive au coucher du soleil, Los Angeles

Le Hollywood Sign, oui. Mais pas que.

On vient souvent juste pour les neuf lettres blanches. Et elles sont là, bien visibles depuis plusieurs points de la route. Mais ce qui m’a coupé le souffle, c’est autre chose. C’est le bassin de Los Angeles qui s’étale à perte de vue. Des millions de lumières. La vallée de San Fernando d’un côté, l’océan Pacifique de l’autre par temps clair. Une carte postale géante, grandeur nature.

Les overlooks à ne pas manquer

Il y a sept points de vue officiels le long de la route. Le meilleur reste le Jerome C. Daniel Overlook, au-dessus du Hollywood Bowl. Vue sur le Bowl, le centre-ville, et si le ciel coopère, l’île Catalina au large. L’Universal City Overlook vaut aussi le déplacement pour voir les studios en contrebas. Ces arrêts-là, faites-les. Le reste se mérite.

Hollywood Sign vu depuis Mulholland Drive, Los Angeles
Hollywood Sign vu depuis Mulholland Drive, Los Angeles

Les maisons de stars : mythe ou réalité ?

C’est la promesse numéro un de Mulholland Drive. Les célébrités y vivent, c’est vrai. Jack Nicholson au 12850, Denzel Washington un peu plus loin. Madonna a eu le « Castillo del Lago » au 6432, un château rose orangé qu’on repère immédiatement. Marlon Brando avait sa villa au 12900. Rudolph Valentino y a habité. La liste est longue et légèrement irréelle.

Ce que les panneaux « PRIVATE » ne vous disent pas

La réalité sur le terrain, c’est qu’on ne voit pas grand-chose. Les rues sont privatisées. Des vigils filtrent les accès. On est au numéro 32 000 et la route continue encore, entre grilles électriques et panneaux d’interdiction. Pas le droit de se garer là. Pas le droit d’entrer dans cette rue. Défense de s’appuyer contre ce mur.

Nous roulions dans une Hyundai de location. On a croisé des Mustang, des Porsche, une Ferrari couleur ketchup. Ce décalage-là, je l’ai trouvé franchement drôle. Et un peu révélateur de ce qu’est LA.

Mon avis sincère sur Mulholland Drive

Je vais être directe. Mulholland Drive, ce n’est pas l’expérience la plus mémorable de mon road trip dans l’Ouest américain. On arrive avec une image en tête, celle du film de Lynch, des panoramas infinis, d’une liberté californienne presque physique. Et on se retrouve à chercher un endroit où s’arrêter sans se faire chasser.

Finalement bloqués par un vigil, on a rebroussé chemin vers Santa Monica. Légèrement frustrés. La route est belle mais inaccessible. Contemplative plutôt que vécue.

Ce que j’ai préféré à Los Angeles ? Le Griffith Observatory, sans hésiter. Vue imprenable, accessible à tous, aucun panneau d’interdiction. Mulholland Drive, c’est un décor. Griffith, c’est une expérience.

Mais voilà. On y va quand même. Parce que le ciel est rouge à l’heure où le soleil disparaît derrière les collines, et que ces quelques minutes-là valent le trajet.

Comment faire Mulholland Drive

L’heure idéale

Coucher de soleil, sans discussion. Le ciel passe de l’orange au rouge, les lumières de la ville s’allument progressivement, et on comprend enfin pourquoi les gens s’y arrêtent. De nuit juste après, c’est également magnifique. En plein midi sous un soleil blanc, beaucoup moins.

Par où commencer

Le sens ouest-est est recommandé si vous venez de Beverly Hills. On remonte Benedict Canyon jusqu’à Mulholland, puis on prend vers l’est pour les overlooks. Pour aller jusqu’à Malibu, comptez bien du temps et de l’essence. La route est sinueuse, les distances californiennes.

Voiture obligatoire

Il n’y a pas de transport en commun qui dessert Mulholland Drive. Voiture de location indispensable. Conduire sur cette route demande de l’attention. Les virages sont serrés, les bords de route parfois vertigineux. Ce n’est pas une route de flâneur distrait.

Mulholland Drive et David Lynch

On ne peut pas traverser cette route sans penser au film. « Mulholland Drive », sorti en 2001, primé à Cannes, avec Naomi Watts dans un rôle qui a tout changé pour elle. Lynch voulait en faire une série pour ABC. ABC a refusé. Il en a fait un chef-d’œuvre.

Sur la route, j’ai compris l’atmosphère du film. Ce mélange de glamour affiché et d’étrangeté sourde. Les maisons trop parfaites. Les rues trop silencieuses. Une beauté légèrement inquiétante. Lynch n’a pas inventé l’ambiance, il l’a juste filmée.

Infos pratiques

Accès : depuis Beverly Hills via Benedict Canyon Drive, ou depuis Hollywood via Cahuenga Pass.

Durée : 1h30 à 2h pour le tronçon Hollywood Hills. Prévoir une demi-journée pour aller jusqu’à Malibu.

Parking : arrêts aux overlooks balisés, gratuits. Pas de stationnement sauvage en zone résidentielle.

Meilleure saison : toute l’année. Éviter les jours de Santa Ana (vent chaud, visibilité réduite). L’hiver offre parfois des vues spectaculaires sur les sommets enneigés.

Après Mulholland : Malibu Beach à l’ouest, Venice Beach et ses canaux au sud, ou une nuit face à l’océan à Santa Monica au Shutters on the Beach.

Le mot de Christel

Je ne vais pas vous mentir : Mulholland Drive, c’est davantage un décor qu’une destination. On y roule, on contemple, on repart. La vraie Los Angeles se cache ailleurs, dans ses quartiers moins photographiés, ses cafés de Venice, ses matins à Santa Monica. Mais ce coucher de soleil depuis un overlook, avec la ville qui s’allume en contrebas… ça, ça ne se refuse pas.

Dans le Club, je vous emmène dans les adresses qui ne sont pas dans les guides. Les restaurants où les locaux vont vraiment. Les hôtels qui valent chaque dollar. Et quelques itinéraires Californie que j’ai construits après plusieurs voyages.

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